Le travail en équipe un levier pour enseigner avec le numérique

Travailler en mode collaboratif au sein de l'équipe pédagogique et réfléchir collectivement aux outils et usages numériques au sein de l'établissement permettent d'harmoniser, de mutualiser et d'organiser un enseignement avec le numérique au service de la réussite des élèves. Pistes de travail et exemples de pratiques seront présentés par François Miquet et Cécile Le Chevalier, experts disciplinaires à la Direction du numérique pour l'éducation, respectivement en arts plastiques et en lettres, ainsi que par Ozlem Gundag, professeure en économie-gestion et chargée de mission à la DANE.

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Le travail en équipe : un levier pour enseigner avec le numérique

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Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Développer le numérique à l'école constitue un enjeu pour construire la citoyenneté numérique, favoriser une école inclusive, assurer la continuité pédagogique et administrative pour une école plus résiliente et pour la réussite de chacun.

Chaque professeur doit donc être formé aux compétences et à la culture numériques afin de s'inscrire dans une démarche de développement professionnel et de pouvoir accompagner ses élèves.

Un nouveau référentiel, inspiré du DigCompEdu européen, a été stabilisé en décembre 2021.

Ce cadre de référence des compétences numériques pour l'éducation, CRCN-E ou CRCN-Édu, donne lieu à un dispositif de reconnaissance de ces compétences destiné à rendre compte d'une maîtrise progressive dans la carrière de chaque enseignant.

Il fait l'objet d'une phase pilote qui a débuté en janvier 2022.

En partenariat avec le groupement d'intérêt public Pix, avec le soutien du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et financé dans le cadre du plan France Relance, Réseau Canopé propose une série de webinaires pour accompagner les enseignants dans ce dispositif.

"Le travail en équipe : un levier pour enseigner avec le numérique"

Bonjour à toutes et tous et bienvenue dans ce webinaire.

Le numérique est devenu incontournable dans de nombreux aspects de nos vies et il est, à l'école, un objet à prendre doublement en compte, d'une part puisque le numérique modifie la façon d'enseigner et d'autre part puisque la transmission des compétences numériques aux élèves incombe à chaque enseignant.

Entre les évolutions technologiques et les apports de la recherche constamment mis à jour, l'enseignant ne peut rester isolé.

"Comment travailler le numérique à l'échelle de l'établissement ?"

"Quel est l'impact des projets menés en équipe pédagogique sur les pratiques enseignantes ?"

Alors, comment travailler cette question numérique à l'échelle de l'établissement, voire au-delà ?

En quoi les projets menés en équipe pédagogique vont-ils permettre d'enrichir ces pratiques enseignantes ?

Pour apporter des éléments de réflexion, nous avons le plaisir d'accueillir trois invités aujourd'hui.

François Miquet, bonjour.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Bonjour.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Vous êtes enseignant d'arts plastiques au collège Jean-Perrin de Vitry-sur-Seine et vous êtes également formateur.

François Miquet, puis Mélinée Chanard.

-Oui.

-Cécile Le Chevalier, bonjour.

Cécile Le Chevalier, puis Mélinée Chanard.

-Bonjour.

-Vous êtes enseignante de lettres modernes au lycée Van-Gogh d'Ermont.

Vous êtes référente numérique en charge du déploiement Pix dans votre établissement.

Vous êtes également IAN, interlocutrice académique pour le numérique dans l'académie de Versailles pour les lettres.

Et François et Cécile, vous êtes tous les deux experts disciplinaires, respectivement en arts plastiques et en lettres au sein de la Direction du numérique pour l'éducation du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse.

Ozlem Gundag, bonjour.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Bonjour.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Vous êtes professeure d'économie gestion, formatrice académique à la DANE de l'académie de Versailles.

Vous enseignez dans le même lycée que Cécile où vous êtes également référente numérique Pix.

Tous les trois, vous appuierez vos propos sur les projets que vous avez menés, pour certains en commun, dans vos établissements.

"Pourquoi travailler en équipe pour enseigner avec le numérique ?"

Pour commencer, je vous propose de nous intéresser à ce que disent les textes officiels en matière d'enseignement avec le numérique, et notamment à propos de la coopération et du travail collectif au sein des établissements.

Cécile ?

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-C'est une compétence qui est inscrite au référentiel de compétences de tous les enseignants, c'est-à-dire que tous les enseignants, de nos jours, sont appelés, par les textes officiels, à communiquer, à collaborer, à coopérer au sein des établissements.

Tous les enseignants sont également appelés de nos jours, quelle que soit leur discipline, à investir le numérique avec les élèves en les préparant, notamment, à la certification Pix qui s'articule autour des domaines du CRCN, que je ne représente pas, mais qui demande que dans chaque discipline, chaque enseignant fasse travailler ces compétences du CRCN aux élèves.

Pour aider les enseignants à monter en compétences et à entrer dans un développement professionnel, le ministère est en train de mettre en place le CRCN-Édu et ce CRCN-Édu va s'articuler à son tour autour de cinq domaines qui ne concernent plus des compétences numériques simples mais la capacité à investir le numérique pour améliorer son enseignement.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Donc, on trouve cette notion de collaboration notamment dans le domaine 1 de ce CRCN-Édu.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Absolument, on voit qu'il est question notamment de se former et de développer une veille, de développer une veille éducative via le numérique, de communiquer via le numérique, et puis surtout de collaborer via le numérique.

Là, vous voyez le détail des compétences à l'intérieur du domaine "Collaborer", échanger sur des pratiques, mais surtout partager des connaissances, des expériences, se former entre pairs et collaborer au sein de son équipe, soit dans des réseaux institutionnels, soit dans d'autres réseaux.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On voit bien que le ministère met un accent fort sur cette montée en compétences numériques et sur cette collaboration aussi.

Mais pourquoi, quelque part ?

Quels sont les enjeux ?

François, est-ce que ça correspond vraiment à un besoin des enseignants, cette collaboration ?

Quels intérêts, quels objectifs on peut avoir à travailler ensemble ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Je pense qu'en effet, ça correspond à un besoin de la part des enseignants.

La grosse difficulté, c'est que le travail collaboratif ne va pas de soi, et d'autant plus par l'intermédiaire du numérique, puisque notre pratique du numérique au quotidien est plutôt une pratique solitaire, nous sommes face à un écran seuls et créer de la collaboration via cette interface numérisée est quelque chose qui est assez ardu, finalement.

C'est d'abord le penser à l'échelle de sa discipline.

Pour le penser à l'échelle de la discipline, on peut très bien penser, par exemple...

Des enseignants d'une même discipline qui vont travailler, par exemple, sur leur progression tout au long de l'année, devoir échanger, communiquer, devoir également mettre en place une programmation et une progressivité dans les apprentissages.

Là, le numérique a toute sa place, puisqu'on va pouvoir l'utiliser comme outil d'accompagnement, comme outil permettant de garder la trace de ces échanges et en permanence, tout au long de l'année, pouvoir s'y référer et l'utiliser.

Cet outil-là, bien sûr, il faut que ça soit un facilitateur de ces échanges et qu'il puisse être accessible facilement en ligne ou hors ligne.

Tout ça, en effet, ça se pense en amont.

Ça, c'est à l'échelle d'une discipline.

On peut penser aussi la chose à l'échelle d'un projet, d'un projet de classe, d'un projet d'établissement, d'un projet interdisciplinaire.

Et pour le coup, là, derrière, les objectifs vont être des objectifs de planification, de programmation des différents moments qui vont être vécus à la fois par les élèves et par les enseignants dans le cadre de ce projet.

Ça va être aussi un travail de co-construction, de ressources, ces ressources qui vont être partagées entre les enseignants qui sont parties prenantes de ce projet mais également qui vont être partagées avec les élèves.

Inversement, on peut imaginer aussi les élèves qui vont partager des contenus qui vont être produits dans le cadre de ce projet à destination des enseignants.

Évidemment...

Enfin, moi, il me semble évident qu'un outil, ou plusieurs outils numériques, peuvent être des facilitateurs dans cette dynamique de projet, cette démarche de projet.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Et à l'échelle de l'établissement, de manière générale, hors projet, qu'est-ce que ça va permettre, ce travail collectif ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-On va avoir une volonté, finalement, de vouloir mettre en place des dynamiques, des dynamiques collectives, vouloir engager des enseignants autour de questionnements communs pour créer du commun et essayer de vouloir faire monter les enseignants en compétences dans la maîtrise de ces outils numériques qui sont des outils numériques, pour le coup, respectant un cadre.

Ce cadre, on va le déterminer un peu plus tard, mais un cadre qui va être un cadre réglementaire.

On peut penser, par exemple, au RGPD ou aux droits d'auteur, au droit d'image.

Tout ceci nécessite bien sûr un accompagnement, ça nécessite aussi la possibilité d'avoir des outils qui sont des outils fonctionnels, qui sont des outils assez intuitifs qui permettent que chaque enseignant puisse s'en saisir à son degré de maîtrise.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Il y a aussi un enjeu, peut-être, d'harmonisation ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Oui, tout à fait, il y a un enjeu d'harmonisation des pratiques, puisqu'il me semble assez intéressant que dans un établissement scolaire, on donne de la visibilité, de la lisibilité à des actions, des projets qui sont menés, qui très souvent sont menés dans le cadre de la classe et n'ont pas forcément donné lieu à une communication.

Cette communication peut être exclusivement interne, par exemple.

Pour le coup, vouloir harmoniser les pratiques, c'est vouloir aussi faire un état des lieux de ce qui se fait dans l'établissement.

Je pense que l'outil numérique a toute sa part, puisqu'il va pouvoir donner la possibilité de mutualiser ces différentes actions, ces différents projets et pouvoir donner la possibilité d'identifier des outils numériques qui vont permettre, après, de pouvoir collaborer, partager, communiquer.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Cécile et Ozlem, vous étiez toutes les deux référentes numérique en charge du déploiement de Pix quand ça a été le moment de déployer Pix dans votre établissement.

Comment vous avez lancé cette dynamique ?

Comment vous avez formé et accompagné vos collègues ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Au démarrage, il s'est agi plutôt d'informer et de former nos collègues, d'expliquer ce qu'était Pix, donc on a animé des ateliers, on a fait une première réunion pour expliquer ce qu'était Pix, on les a emmenés sur la plateforme pour qu'ils puissent eux-mêmes tester.

Et puis, durant cette réunion, on a aussi déterminé, en collaboration avec les enseignants de notre établissement, un calendrier.

On a décidé des dates jusqu'à la date butoir qui correspondait à la période à laquelle les certifications devaient être réalisées.

La première année, au moment du déploiement de Pix, c'était surtout informer, former, accompagner au plus près chaque enseignant.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-C'était également beaucoup les sensibiliser aux enjeux...

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Tout à fait.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-De cette certification qui n'était pas encore...

totalement comprise par tous dans toutes les disciplines.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-La question, c'était : "Oui, mais est-ce que je suis obligé de le faire ?"

On avait plutôt des questions de ce type-là.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui, et ça venait...

Pour beaucoup d'enseignants aussi, la certification Pix était vécue, au moment de la réforme du baccalauréat en plus...

C'était vécu comme quelque chose de plus qu'on imposait encore qui n'avait pas de lien, forcément, avec les enseignements disciplinaires.

On avait aussi quand même quelques résistances, je crois.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-C'est vrai, oui, surtout la première année.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Parce que la deuxième année, c'était un peu mieux.

La deuxième année, on a eu une petite montée en compétences de ceux qui étaient déjà présents sur la première année, qui ont été aussi, d'ailleurs, des experts, on les appelait "les experts", dans notre établissement et qui venaient aussi en appui des référentes, notamment au moment des certifications, et qui se sont d'ailleurs emparés de la chose assez rapidement.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Ce qui fait que petit à petit, d'une année à l'autre...

Au départ, nous étions deux référentes Pix et petit à petit, nous avons commencé à former un peu des collègues qui ont pris un peu leur autonomie et qui se sont mis eux-mêmes à accompagner...

Ozlem Gundag, puis Cécile Le Chevalier.

-Les nouveaux.

-Les nouveaux.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Donc, on a une dynamique qui se modifie d'année en année et qui va vers une autonomisation de tous les enseignants dans le cadre de ce déploiement Pix.

Et puis, vous l'avez dit aussi, il y a cette intégration du numérique de plus en plus dans les enseignements.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui, c'est un peu l'axe de bataille.

Quand on veut vraiment investir les équipes dans la préparation de la certification Pix, ce qu'il faut leur faire comprendre en premier, c'est que, non, cette certification ne vient pas en plus, mais que, véritablement, en intégrant le numérique dans les enseignements, de toute façon, de facto, ils vont préparer les élèves à Pix.

Et ça ne sera pas vécu comme une surcharge de travail, comme une contrainte, puisque ça aura du sens d'un point de vue disciplinaire et du moment qu'on a du sens du point de vue disciplinaire, tout le monde fonctionne bien, les élèves, les enseignants, et la préparation à la certification se fait de façon fluide.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Sur cet axe-là et sur lequel on est, sur la troisième année, on voit une certaine autonomie qui s'installe et une compréhension des enjeux plus complète.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-François, de votre côté, vous, vous avez initié dans votre collège une dynamique autour du numérique par l'intermédiaire du parcours éducatif, artistique et culturel, le PEAC.

Vous pouvez nous en parler ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Ce qui nous semblait assez intéressant au départ, c'était qu'on ressentait une demande, un besoin de la part des collègues qui voulaient travailler sur cette question du parcours d'éducation artistique et culturelle, et notamment travailler autour de l'oral de troisième du PEAC.

On ne voulait pas que ça prenne la forme d'un oral d'histoire des arts, puisque ce qui nous intéressait, c'était que les élèves puissent se saisir des différents projets qui avaient été menés tout au long de leur scolarité et puissent, à la fin de la troisième, présenter un de ces projets.

À partir de là, forcément, il fallait qu'on fasse un état des lieux de ce qui s'était fait durant ces quatre années de scolarité dans le collège pour pouvoir faire en sorte, dans un deuxième temps, que les élèves puissent sélectionner un de ces projets parmi ceux-ci et, après, pouvoir les accompagner dans l'étayage de ce projet, dans la problématisation de ce projet et de son ancrage et de sa dimension artistique et culturelle.

À partir de là, très rapidement, il nous a semblé assez intéressant de pouvoir nous concerter sur ces questions-là, et notamment de pouvoir identifier un outil numérique qui soit un outil numérique qui puisse, finalement, être l'outil principal qui nous permettrait de pouvoir centraliser toutes ces informations, pouvoir centraliser ces différents projets, qu'on puisse communiquer également par l'intermédiaire de cet outil en même temps qu'on puisse stocker de façon pérenne ces différents projets pour que sur les années à venir, par la suite, on puisse de nouveau s'y référer et, encore une fois, nourrir le PEAC de l'élève.

À partir de là, on s'est orientés très rapidement vers un espace Tribu qui est un espace privé qui demande à des enseignants sur invitation via leur adresse mail professionnelle de s'y connecter.

Cet espace Tribu est assez intéressant, parce qu'il permet de mutualiser des contenus, de pouvoir échanger, partager et, en même temps, de pouvoir avoir une écriture collaborative directement dans l'espace, via soit un tableur, soit du traitement de texte.

On retrouvait un outil qui, a priori, nous permettait d'avoir un accompagnement qui soit un accompagnement des équipes pour pouvoir travailler sur cet oral du PEAC.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Il y avait un espace qui vous a permis de recenser tout ce qui se faisait, de collecter et d'archiver, d'avoir la mémoire de tous les projets qui avaient été faits, et puis un espace qui vous permettait d'échanger entre vous.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Ce qui nous a semblé assez intéressant, c'était que travailler sur le PEAC, c'était une façon aussi pour nous d'utiliser l'oral du PEAC comme un levier pour faire travailler les équipes sur des compétences professionnelles numériques, donc réussir à faire monter en compétences les collègues sur leur usage du numérique et aller vers un usage qui soit un usage plus responsable du numérique, un usage professionnel et les orienter vers des outils qui sont des outils qui répondent à ce cadre.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Ce type de projet a vraiment eu un impact sur le quotidien, sur les outils qui sont utilisés par les collègues, donc le projet a été moteur dans un fonctionnement plus quotidien.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Oui, tout à fait, la présentation de ces outils professionnels était intéressante pour les collègues, parce qu'ils répondaient à une volonté de leur part qui était d'avoir un outil qui soit sécurisé pour leur usage à eux, dans le cadre professionnel, sécurisant pour partager des contenus, des ressources qui respectent le droit à l'image, le droit d'auteur, donc qui permet une exception pédagogique.

Et finalement, ça nous a permis aussi de questionner leur usage du numérique, leur usage quotidien et de dissocier ce qui est de l'ordre d'un numérique personnel, ce que je peux utiliser en termes d'application numérique dans ma vie privée et ce que je peux solliciter comme outil numérique dans ma vie professionnelle.

À partir de là, cette dynamique était une dynamique de questionnement.

C'était une possibilité pour les équipes de pouvoir prendre du recul par rapport à leurs propres usages, voir qu'également chacun au quotidien ou dans sa pratique professionnelle utilisait aussi le numérique à différents degrés, peut-être un numérique modeste ou un numérique un peu plus complexe.

Mais en tout cas, se dire que chacun avait sa place dans cette dynamique.

Et pouvoir questionner aussi les usages stéréotypés du numérique.

Il y avait ces différents pans qu'on voulait vraiment travailler au sein de l'établissement.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-C'est vraiment un prétexte pour pouvoir réinterroger la posture de chaque enseignant et y réfléchir collectivement.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Tout à fait.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Ozlem, avant d'avoir œuvré pour le déploiement de Pix dans votre établissement, vous avez mené un autre projet collaboratif il y a quelques années, en 2018-2019.

Il s'agissait de produire des ressources pédagogiques pour la plateforme Éléa qui est une plateforme développée par l'académie de Versailles, une plateforme Moodle, qui permet de proposer aux élèves du secondaire et du primaire des parcours et des ressources pédagogiques en ligne.

Dans votre projet, vous étiez plusieurs enseignants de lycée, un peu partout dans l'académie, impliqués.

Comment on fait ?

Quels objectifs on se fixe ?

Comment on s'organise quand on est dans plusieurs établissements pour travailler collaborativement ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-J'ai invité des enseignants de lycées professionnels et de lycées technologiques à rejoindre les équipes de BTS dans l'optique de travailler ensemble, de collaborer pour trouver une solution à un besoin qui correspondait à mieux accompagner nos étudiants dans la transformation de leur posture et l'acquisition de la posture d'étudiant le plus rapidement possible.

Nous avons donc décidé de déployer des parcours Éléa durant la semaine d'intégration que nous faisons régulièrement, tous les ans au lycée pour nos nouveaux BTS.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Pour bien comprendre comment vous vous êtes organisés, on va regarder un schéma qui permet de voir le fil conducteur de ce projet sur l'année qu'il a duré.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Voilà, en fait, on a décidé lors de la première réunion de cadrer les axes de travail, donc on a déjà déterminé et ciblé notre besoin, déterminé les modalités de travail.

C'était une articulation autour d'une modalité hybride.

On était quand même en 2018, ce n'était pas encore tout à fait installé dans les pratiques.

On a démarré avec une phase collaborative où l'idée était de brainstormer et de décider des parcours qui allaient être co-construits.

Ensuite, on a fixé un calendrier auquel on s'est tenus, des dates de réunion en présentiel, une classe virtuelle point d'étape entre deux réunions en présentiel afin de pouvoir avancer sur le projet.

Après cette phase collaborative, les équipes étaient formées, avaient décidé du parcours qu'elles allaient mener en co-construction.

Chaque équipe était libre de s'organiser de manière autonome pour construire le parcours et le présenter aux autres.

Cette phase coopérative, cette fois-ci, où chacun apportait une pièce du puzzle, co-construisait son parcours et qu'on combinait, ensuite, avec les autres parcours pour aboutir à la "réponse solution" à laquelle on s'était tenus...

On est ensuite revenus sur une phase collaborative, donc après la coopération, retour sur la collaboration, où on a testé les parcours, on les a critiqués, on les a fait avancer en les faisant un peu évoluer pour certains.

Finalement, on s'est rendu compte que même si au départ, on partait de compétences numériques très hétérogènes...

Mélinée Chanard, puis Ozlem Gundag.

-Entre enseignants, participants.

-Entre enseignants, participants.

Volontaires.

On a quand même réussi à atteindre notre objectif, donc on a été efficaces.

Et on s'est rendu compte que c'était une opération un peu gagnant-gagnant, puisqu'on avait produit, mais on avait aussi, pour la plupart, appris, appris de la collaboration mais aussi appris des choses peut-être parfois techniques ou tout simplement appris à collaborer, voilà.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Cette question de la répartition du travail et du rôle de chacun au sein du collectif, c'est quelque chose que vous avez analysé ensuite, on va y revenir plus tard dans le webinaire.

"Les outils à disposition des enseignants"

Il y a une question importante, une question concrète qui peut parfois être le nerf de la guerre, c'est la question des outils, que vous avez commencé à aborder.

Pour faire un petit tour d'horizon des outils disponibles quand on veut travailler en équipe, je vous propose de regarder un extrait d'une vidéo, une vidéo tutoriel qui a été réalisée par Réseau Canopé en partenariat avec le GIP Pix.

Narratrice.

-Au sein des établissements, les espaces numériques de travail intègrent de nombreux outils de collaboration et de mutualisation.

La messagerie interne à l'ENT permet une communication ciblée ou par équipe.

Des forums peuvent être créés également ainsi que des espaces d'échanges, textes collaboratifs, échanges de dossiers.

En dehors de son établissement, on peut utiliser des listes de diffusion.

Il existe d'autres outils plus spécialisés qui permettent d'échanger entre enseignants.

Par exemple, Tribu est un espace collaboratif de gestion de projet permettant de partager et de travailler sur des documents et d'échanger sur un forum interne.

Osmose est aussi un espace collaboratif permettant d'animer une communauté autour d'un projet.

Cette plateforme modulable intègre un large choix d'outils : blogs, espaces d'échanges, veille collaborative, salles de réunion virtuelles...

Viaéduc est le réseau social institutionnel des enseignants permettant les échanges autour d'un projet ou la mise en relation entre pairs.

Cartoun est un service créé par l'académie de Rennes qui permet de savoir quelles sont les activités pédagogiques des collègues qui travaillent dans les établissements proches du mien.

Par exemple, pour savoir comment mettre en place une web radio dans son collège, cette cartographie permet de découvrir qu'il en existe une dans un collège voisin.

L'enseignant peut ainsi contacter l'équipe à l'initiative de la création et se rendre sur place.

Au niveau international, eTwinning permet aux enseignants de 43 pays d'entrer en contact et de mener des projets d'échanges à distance avec leurs élèves.

Par exemple, des lycéens français et espagnols de six établissements se sont lancés dans un "cooking" challenge.

Ces outils institutionnels garantissent un haut niveau de sécurité et de protection des données.

Et voilà, grâce à tous ces outils, ENT, forums, plateformes, vous pourrez échanger vos idées, développer des projets tout en rencontrant des enseignants qui partagent votre centre d'intérêt.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On a vu dans cette vidéo quelques outils que vous avez déjà cités.

Est-ce que vous avez des retours d'expérience, des compléments, d'autres outils que vous avez utilisés ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Déjà, sur l'ENT...

On a quand même un certain nombre d'outils à notre disposition sur l'ENT.

Je pense, par exemple, à Pix où nous avons, nous, utilisé un espace collaboratif sur Pix.

On a créé une petite...

Cécile Le Chevalier, puis Ozlem Gundag.

-Une communauté.

-Une communauté.

Voilà, une communauté, c'est l'outil "Communauté", où on pouvait déposer des documents, interagir sur le forum.

Toutes les interactions sont visibles, les uns peuvent répondre aux autres.

On peut aussi voir les échanges.

Ça, c'est un des outils qu'on peut utiliser déjà sur l'ENT.

Il y en a d'autres, on a notamment le PAD, on a la webconférence.

On peut être à plusieurs mains sur un document, ça se fait maintenant assez régulièrement en synchrone mais pourquoi pas en asynchrone aussi, lorsque les personnes ne sont pas toutes réunies au même endroit.

L'outil qui est le plus utilisé, j'ai l'impression que c'est quand même l'outil "Document partagé".

Ça permet de mettre en partage un document sans avoir nécessairement à l'envoyer par mail, ce qui est plus facile quand le fichier est volumineux.

Et puis, souvent aussi, la webconférence de l'ENT qui est utilisée par les enseignants qui veulent faire une réunion d'équipe et qui n'ont pas pu convenir d'un créneau en présentiel au lycée.

C'est un outil qui commence à être de plus en plus utilisé.

Il y en a encore d'autres.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-L'intérêt de l'ENT, c'est qu'à l'intérieur de l'établissement, ça permet d'avoir un endroit commun à tous les collègues et avec des outils qu'on utilise par ailleurs avec les élèves.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Exactement.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Quand on travaille en dehors de l'établissement ou quand l'outil n'existe pas dans l'ENT, on peut se tourner vers apps.education.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Apps.education.fr, au départ, c'était un site qui a été mis en place pendant le confinement de 2020, qui est resté en version bêta pendant plusieurs années.

Et récemment, il y a quelques mois, il est passé en version définitive à l'échelle nationale.

Maintenant, on a le portail.apps.education.fr qui est commun à tous les enseignants quelle que soit l'académie, quel que soit l'établissement.

N'importe qui avec une adresse académique peut bénéficier de ce portail.

Ce portail présente l'avantage de proposer tout un panel d'outils qui vont s'avérer extrêmement utiles, notamment en formation.

Par exemple, on a l'Evento, qui va servir à fixer des rendez-vous, qui constitue une bonne alternative à Framadate qui propose la même chose mais pas sur un site Éducation nationale.

On va avoir FileSender ou bien France transfert qui permettent d'envoyer des fichiers volumineux de façon relativement sécurisée.

Et puis, on va avoir le nuage qui représente vraiment un atout pour les enseignants, parce qu'il s'agit d'un nuage, de Nextcloud pour ceux qui connaissent, et ce nuage, chaque enseignant a un espace de 100 Go dessus.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-100 Go, on peut déjà mettre un peu des choses, oui.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-On peut mettre énormément de choses, ça peut être des vidéos, ça peut être des fichiers, ça peut être des images, des sons.

L'avantage du nuage, j'ai trouvé, c'est qu'on peut créer un dossier qui va servir de casier de dépôt.

On peut aussi demander aux gens de déposer quelque chose dans notre nuage pour nous, le récupérer, travailler avec.

On peut rendre un dossier complétement collaboratif, accessible en lecture et en écriture.

À ce moment-là, ça s'avère extrêmement utile et simple à utiliser.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Là, on peut stocker des données élève sans problème, puisqu'on est dans un environnement sécurisé.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Tout à fait, avec portail.apps.education.fr, on est sur un portail entièrement sécurisé et conforme au RGPD.

Pour des enseignants, par exemple, qui veulent faire s'enregistrer les élèves sur un appareil, faire déposer les enregistrements si jamais l'ENT, pour x raison, ne permet pas de le faire, ils peuvent passer par portail.apps.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Ça peut permettre d'échanger entre enseignants qui seraient sur ce même projet via cet espace partagé.

François, est-ce qu'il y a d'autres applications d'apps.education que vous, vous utilisez peut-être plus en arts plastiques ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Oui, tout à fait, on a d'autres applications.

Je pense à des applications multimédias qui permettent également de partager des contenus qui sont des contenus qui, en général, peuvent être assez lourds.

Je pense à de la vidéo, par exemple.

On a portail Tubes qui permet, là pour le coup, de produire et de partager de la vidéo avec toute la communauté éducative sans publicité.

Ça, c'est très intéressant, c'est un bon pendant à des plateformes qui sont des plateformes commerciales.

Également, on a PodEduc, PodEduc qui permet là aussi de partager de la vidéo.

C'est de la vidéo, très souvent, qui va du tutoriel à une présentation qui peut être une présentation plus large d'un projet ou autre à destination de collègues, ça peut être aussi dans le cadre de la formation.

Là, on a vraiment des plateformes qui sont, comme le disait Cécile, sécurisées, qui permettent de respecter le RGPD et qui ont un espace de stockage assez important là aussi.

On a un outil qui est particulièrement fluide, qui est assez flexible et je pense que ça répond vraiment à une demande à la fois des enseignants d'arts plastiques mais de l'ensemble de la communauté éducative.

On a également un autre outil qui est assez intéressant qui s'appelle CodiMD et qui permet de créer une page web à plusieurs mains.

Là aussi, vraiment un outil collaboratif qui permet par la suite de partager, diffuser, communiquer ce qui a été produit de façon collaborative, soit dans l'établissement, soit en dehors de l'établissement, de façon privée ou de façon publique.

Il y a vraiment une plateforme, un portail qui est très riche et qui, vraiment, va devenir, je pense, un incontournable de l'enseignant, parce que ça répond à énormément de besoins.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On y trouve aussi des outils de visioconférence ou de messagerie au-delà de ce qu'on peut trouver dans l'ENT.

Quand on est sur plusieurs établissements, ça peut être utile.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Ça peut être utile, et puis ça peut être aussi utile pour communiquer entre nous.

Vous parliez des visioconférences.

On a effectivement un outil qui s'appelle Visio-agents qui permet aux agents de l'Éducation nationale de communiquer entre eux quel que soit l'établissement, quelle que soit l'académie, etc.

Et quel que soit le statut aussi, parce que parfois, on a des professeurs, on a des inspecteurs, on a des gens qui ne sont pas forcément devant élèves, qui n'ont pas forcément d'ENT mais qui vont pouvoir communiquer par cet outil-là.

Et puis, on a aussi...

Alors, ça, c'est vraiment un cadeau.

C'est une messagerie instantanée qui s'appelle Tchap, qui existait déjà par ailleurs, qui est ouverte à tous les agents de la fonction publique mais qui est ouverte notamment aux enseignants.

Le gros avantage de Tchap, c'est que c'est une messagerie qui fonctionne pratiquement comme WhatsApp, sauf qu'on n'a pas besoin de donner son numéro de téléphone personnel, ce qui est très avantageux dans certains cas, et tout se passe par l'adresse académique, l'adresse mail.

On se connecte avec son adresse mail, on est identifié.

On peut demander, par exemple, à tout un groupe formé de se connecter à cette messagerie avec leur identifiant académique.

Là-dessus, on peut échanger, discuter de façon instantanée.

On peut aussi envoyer des fichiers, donc des documents, des vidéos, des sons, de la musique, et puis créer des salons soit publics, soit privés, donc réguler aussi la confidentialité.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-François, il y a un outil qu'on a vu dans la vidéo et que vous avez cité tout à l'heure, c'est Tribu.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu plus comment ça marche ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Tribu, c'est un espace privé qui est un espace privé de stockage, d'échanges, de mutualisation de ressources, de contenus numériques.

On se connecte par l'intermédiaire de son identifiant académique et une fois qu'on est à l'initiative de la création d'un groupe qui peut être un groupe de travail sur n'importe quelle thématique, n'importe quel projet ou un groupe en lien avec notre établissement scolaire, par exemple, on peut inviter d'autres collègues à participer à des échanges dans cet espace privé complètement sécurisé, RGPD et qui propose, là aussi, une palette d'outils embarquée.

Cette palette d'outils embarquée, on va retrouver du traitement de texte, on va retrouver des tableurs, on va retrouver un espace qui est un espace d'échanges, un traitement de texte qu'on peut renseigner à plusieurs mains.

Traitement de texte collaboratif.

On a vraiment là une palette d'outils qui sont assez intéressants pour à la fois être sollicités de façon synchrone...

On imagine, par exemple, durant une formation, durant...

Mélinée Chanard, puis François Miquet.

-Une réunion sur un projet.

-Voilà, exactement.

Ou qui peuvent être sollicités de façon asynchrone et là aussi, en distanciel, en présentiel.

On a un outil qui répond à beaucoup de demandes, il me semble, à un besoin sur le terrain, qui est assez fonctionnel et qui permet vraiment de pouvoir avoir un outil d'accompagnement, de suivi de ce qui est travaillé au quotidien dans un établissement scolaire.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On a cité plusieurs fois le mot RGPD, règlement sur la protection des données personnelles, qui est la législation qui s'applique depuis 2018 sur toutes les données personnelles, notamment les données personnelles élève et enseignant.

Ça, c'est quelque chose dont il faut tenir compte dans le choix des outils et dans l'usage qu'on fait des outils.

Est-ce qu'il y a d'autres règles à respecter quand on utilise ces outils, d'autres législations ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Il faut savoir que quand on utilise ces outils qui sont des outils développés par le ministère de l'Éducation nationale, on a un espace sécurisé, certes, mais dans cet espace sécurisé va aussi s'appliquer l'exception pédagogique.

L'exception pédagogique ne couvre pas tout, c'est-à-dire que quand, par exemple, je vais partager avec d'autres enseignants ou des élèves des images qui peuvent être des reproductions d'œuvres d'art, il va falloir que dans cet espace qui est cet espace numérique privé je respecte aussi le droit d'image.

Respecter le droit d'image, ça va être, par exemple, plutôt que de partager la reproduction directement en très, très haute qualité, je vais privilégier le partage d'un lien ou je vais pouvoir aussi privilégier peut-être une qualité moindre.

Si on respecte, on est 800 pixels par 800 pixels à peu près, ce qui fait que c'est une qualité très basse, c'est vraiment une icône, mais je respecte le droit d'image.

Il en est de même pour l'élève.

L'élève qui va être pris en photographie, par exemple, si je diffuse son image dans cet espace privé, je vais aussi respecter le droit d'image, donc je vais devoir demander un accord qui est un accord de son responsable légal pour pouvoir utiliser cette image dans cet espace Tribu ou dans un ENT ou autre.

On n'est pas exempts de ces règles-là qui s'appliquent aussi dans ces espaces privés numériques.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Est-ce qu'il y a, dans ces outils qu'on a nommés ou dans d'autres dont on n'a pas encore parlé, des outils ou une manière d'utiliser ces outils qui ont vraiment changé la façon d'interagir dans vos équipes pédagogiques, dans vos établissements, dans vos cercles de partage un peu plus larges entre enseignants ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Je peux peut-être parler de la suite du projet Éléa, par exemple, pour faire la continuité avec l'expérience que j'avais menée dans mon établissement.

On a pu voir qu'un groupe qui avait travaillé sur un parcours s'est saisi de la plateforme et a poursuivi le travail sur Éléa, toujours en collaborant.

Ils ont produit d'autres parcours Éléa à la suite du projet et j'ai trouvé que ça, c'était assez intéressant, parce que c'est une plateforme Moodle qui nécessite une formation.

On a quand même besoin d'être formé à Éléa avant.

Et puis, un autre exemple, c'est que les parcours qu'on avait créés, on les a mis en œuvre durant la semaine d'intégration.

Normalement, après la semaine d'intégration des classes de BTS, on fait un débriefing.

On a une collègue qui nous a envoyé un lien vers un mur collaboratif où on a pu déposer nos petits Post-it en ligne sur l'ENT.

J'ai trouvé ça intéressant, parce que cette enseignante avait découvert l'outil directement au moment de la création du parcours Éléa dont l'un des parcours était "Je découvre les outils de l'ENT", parce qu'on voulait que les étudiants découvrent les outils de l'ENT pour pouvoir ensuite les utiliser en classe avec leur professeur.

Elle a découvert cet outil au moment où elle concevait le parcours avec un collègue qui le connaissait et qui proposait de faire découvrir cet outil, et donc elle l'a tout de suite utilisé, j'ai trouvé ça assez intéressant.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Finalement, le parcours destiné aux élèves servait aussi aux enseignants.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Parce qu'elle y a pleinement participé au moment de la co-construction.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Les outils ENT ne sont pas limités à un usage uniquement avec les élèves, on peut le repointer, c'est aussi pour la collaboration entre adultes.

François, de votre côté ?

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-J'avais utilisé, dans le cadre d'une formation, Glowbl, qui est un outil de visioconférence ludifié.

On avait plus l'impression d'être dans un jeu vidéo que dans une visioconférence.

C'est vrai que ça m'avait permis d'animer une formation complètement à distance pendant deux jours, chose que je n'aurais pas pu faire dans une visioconférence classique.

C'est vrai qu'on peut trouver sur le territoire, selon les académies, en lien avec les référents, la DANE, des ressources qui sont très pertinentes, des outils très pertinents pour pouvoir mener à bien nos projets.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Cécile, de votre côté ?

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-De mon côté, plutôt en tant que formatrice en lettres, ce que j'ai constaté, c'est qu'entre formateurs, très souvent, on a vraiment développé des usages de visioconférence et de travail sur des documents collaboratifs qui, finalement, ont modifié beaucoup la nature de la formation elle-même.

Là où, avant, on travaillait beaucoup plus dans son coin, maintenant, on est de plus en plus en interaction à l'intérieur des groupes de formateurs et aussi, je pense, à une échelle académique.

"Quel est l'impact des projets menés en équipe pédagogique sur les pratiques enseignantes ?"

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On voit bien, maintenant, d'une part les intérêts qu'il peut y avoir à travailler ensemble, les objectifs qu'on peut se donner dans le cadre d'un projet ou d'un fonctionnement au long cours, on voit bien d'autre part les outils qui peuvent être mobilisés.

On voit qu'il y en a quand même beaucoup.

Maintenant, concrètement, on sait que ce n'est pas toujours facile de faire travailler les gens ensemble, alors quelles sont les réticences qu'on peut rencontrer ?

Les freins ?

Les points de vigilance ?

Comment on fait pour les surmonter ?

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Moi, en tant que formatrice, et puis aussi en tant que référente numérique en établissement, ce que j'ai constaté souvent, ce sont deux types de freins, d'un côté...

Parfois, il va y avoir une mauvaise expérience utilisateur au départ, c'est-à-dire que les gens ont été confrontés à un outil qui était trop complexe ou mal expliqué ou la prise en main n'était pas accompagnée, et ça va un peu les décourager, ils vont souvent se dire que ça sera toujours pareil avec les outils de l'Éducation nationale.

Ça, c'est quelque chose que, malheureusement, on a beaucoup entendu il y a un certain temps.

Maintenant, ça va un tout petit peu mieux quand même.

On a aussi beaucoup, là je parle vraiment en lettres, de représentations erronées de ses propres compétences dans le monde enseignant, de ses propres compétences numériques.

On a beaucoup d'enseignants qui vont se faire une représentation fausse de ce qu'ils sont capables de faire ou pas avec le numérique en partant du principe que de toute façon, pour eux, c'est compliqué, le numérique, ce n'est pas quelque chose qu'ils font facilement, et donc ça va être...

Ils ne vont pas y arriver.

Là, on a un gros travail, je crois...

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Il y a une forme d'imaginaire autour du numérique et des compétences qu'il faut avoir pour faire du numérique.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui, c'est tout un imaginaire qui se construit, c'est une représentation de soi et on a tout un travail de mise en confiance et d'accompagnement à faire mais vraiment à l'échelle des établissements pour que chacun puisse vraiment s'emparer des outils.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Cet accompagnement, quelle forme il peut prendre ?

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Cet accompagnement peut prendre la forme, par exemple, d'une formation à initiative locale, d'une FIL.

Dans ce cas-là, on a un formateur académique qui vient en établissement et qui va former une équipe de professeurs souvent volontaires, parfois un peu incités...

Ozlem Gundag, puis Cécile Le Chevalier.

-Parfois désignés.

-Voilà.

Ça, ça peut être une première étape intéressante quand on prend en main un outil complexe auquel on n'est pas habitué.

Par exemple, s'il s'agit de prendre en main une interface de gestion d'un site web, c'est bien d'avoir cette première formation où vraiment on va tout détailler.

Après, il y a un deuxième type d'accompagnement qui est vraiment, comme je le disais, indispensable.

Ozlem, je crois, confirmera ce que je dis.

C'est l'accompagnement des référents numérique d'établissement.

Les référents numérique d'établissement, ce sont des professeurs qui ont cette casquette en plus.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Et qui sont accompagnés aussi par les équipes de la DANE spécialisées sur les questions du numérique qui forment les référents numérique.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Et qui déploient ensuite les compétences en établissement.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Qui les forment et qui les informent aussi.

Ozlem Gundag, puis Cécile Le Chevalier.

-Qui les informent aussi, tout à fait.

-Voilà.

On est vraiment au courant de toutes les nouveautés quand on est référent numérique.

On a pour mission d'accompagner au quotidien, et alors ça, c'est extrêmement important, parce que s'il n'y a pas d'accompagnement au quotidien sur la durée, au moindre obstacle...

Il y a certains collègues déjà aguerris qui vont dépasser les obstacles, mais il y en a d'autres qui vont bloquer et qui vont se dire : "Je regarderai plus tard, j'irai chercher les renseignements plus tard" et qui ne franchiront pas vraiment le pas.

Ozlem Gundag, puis Cécile Le Chevalier.

-Pas tout seuls, en tout cas.

-Pas tout seuls ou difficilement.

Avoir un référent à qui s'adresser pour poser une question même parfois simple, ça débloque beaucoup de situations.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Ozlem, dans le cadre d'un master MEEF en pratiques et ingénierie de formation spécialisé sur les médias numériques, vous avez écrit un mémoire dans lequel vous avez analysé la mise en place et les effets du travail collaboratif dans le projet Éléa, dont vous nous avez parlé tout à l'heure.

Le cœur de votre sujet, c'était comment réussir à engager des enseignants avec des niveaux de compétences en numérique différents, vraiment très hétérogènes.

Comment on les engage dans une démarche collaborative ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-J'ai en effet, dans le cadre de mon master, rédigé un mémoire intitulé "Dynamique collective autour de la création de parcours de e-éducation" et j'ai fait le pari qu'on pouvait faire travailler ensemble des enseignants d'établissements différents avec des compétences hétérogènes sur le numérique pour créer des parcours de e-éducation sur Éléa.

C'était un vrai pari, parce qu'en 2018, le travail hybride n'était pas encore acquis, très peu d'enseignants étaient formés sur Éléa, donc la difficulté, c'était de savoir comment ils allaient s'engager.

Est-ce qu'ils allaient être volontaires pour travailler ensemble ?

Parce que le travail en équipe, ce n'est pas forcément évident de prime abord.

Premier pari, c'était : "Est-ce qu'ils vont s'engager ?

Est-ce qu'ils vont vouloir coopérer ?

Est-ce que le numérique va être un frein à cette coopération ?

Jusqu'où on va pouvoir aller sur l'atteinte des objectifs ?"

J'ai pu voir que...

Je vais rapidement sur les conclusions.

Finalement, j'ai pu voir que les leviers de motivation étaient variés.

Certes, il y avait des imaginaires, parfois bloquants, et c'est la présence d'un facilitateur, d'un leader d'équipe, d'un formateur qui venait un peu débloquer ces situations et permettait aux enseignants d'agir.

Et puis, un deuxième élément que j'ai trouvé intéressant aussi quand j'ai observé la collaboration des enseignants, c'est que les uns apprenaient de l'observation des autres, c'est-à-dire qu'en observant les conséquences de l'implication de certains enseignants, d'autres étaient motivés à continuer à s'engager et pouvaient poursuivre l'activité.

Finalement, ce qu'on a pu voir aussi...

Philippe Carré l'explique très bien quand il dit : "On apprend toujours seul mais jamais sans les autres."

On est ensemble, on est seul sur son apprentissage, mais on est entouré.

C'est cette entraide, cette confiance où on peut poser des questions à quelqu'un très rapidement pour débloquer une situation bloquante...

C'est là où on voit que les apprentissages se réalisent et on voit aussi émerger une intelligence collective, parce qu'on se questionne, on construit, on déconstruit, on reconstruit ensemble et c'est ça qui permet justement aux équipes d'évoluer et y compris sur le numérique.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Je pense qu'à ce stade, on peut aussi souligner à quel point il est important pour acquérir des compétences numériques de passer par la pratique.

Ça, cette mise en pratique, c'est elle qui fait que cet accompagnement quotidien est nécessaire.

Parce qu'un apprentissage théorique, c'est facile, on apprend, on répète, on se plonge dans un livre, mais apprendre à manipuler un outil numérique, vraiment...

L'entourage, les référents numérique, les pairs aussi...

Les pairs sont vraiment extrêmement importants.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Et se questionner sur nos usages quotidiens du numérique.

Cécile Le Chevalier, puis François Miquet.

-Tout à fait.

-Ça, c'est très important aussi, parce qu'on s'aperçoit qu'on utilise très souvent des outils numériques qui sont commerciaux et, forcément, qui sont très fluides, puisque leur objectif à eux, c'est de gagner en utilisateurs, de ne pas perdre leurs utilisateurs, donc forcément ils proposent des espaces qui sont très fluides, mais qui sont aussi très fermés.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Tu parlais d'imaginaire.

Il y a un imaginaire qui peut être également bloquant vis-à-vis d'outils conformes au RGPD qui sont parfois des outils du libre.

Beaucoup de professeurs qui se disent : "Non, mais ça, ce n'est pas commercial, donc ça ne va pas être pratique..."

Finalement, on s'aperçoit que quand on les aide à passer le cap, ils s'en saisissent très bien et ils les apprécient.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-L'outil suffit amplement à satisfaire les besoins évoqués.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Je reviens sur la question de la dynamique dans l'équipe qui va être nécessaire pour que tout le monde s'engage.

Qui est-ce qui impulse cette dynamique ?

Qui est légitime ?

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Je pense que déjà, dans le cadre d'un établissement, c'est quand même le chef d'établissement qui doit impulser le travail en équipe, le proposer du moins, et puis laisser les enseignants s'inscrire volontairement, puisqu'il y a quand même un lien important entre le fait de pouvoir être autonome et de pouvoir s'impliquer dans un projet, alors que quand c'est imposé, c'est toujours un peu plus compliqué.

Il y a déjà une petite difficulté à ce niveau-là.

Le chef d'établissement l'impulse, et puis favorise aussi ce travail, parce qu'il met en place un cadre, il répond aux besoins de l'équipe, guide quand c'est nécessaire.

Donc, je pense que le chef d'établissement a un rôle important à jouer dans l'impulsion du travail en équipe.

Après, ce n'est pas le seul.

François Miquet, puis Cécile Le Chevalier.

-Oui.

-Il pose un cadre.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Oui.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Je pense aussi que chaque enseignant peut impulser ce type d'envie, ce type de dynamique à partir du moment où on a la volonté d'expérimenter, de sortir un peu, si je puis dire, de sa zone de confort, et de vouloir s'engager dans de nouvelles pratiques qui questionnent en retour sa posture d'enseignant et ses pratiques quotidiennes.

Là aussi, on va retrouver des enseignants, des professeurs documentalistes aussi qui, dans leur formation initiale, sont au fait, très aguerris dans le cadre de ce travail collaboratif.

Pour une anecdote, par exemple, au début de l'année, on recevait nos emplois du temps et je vois passer l'emploi du temps du professeur documentaliste de mon établissement et il est totalement vide, donc je lui pose la question "Dis-moi, tu es chanceux" et il me répond que son emploi du temps, c'est lui qui va le construire, parce qu'il va solliciter des enseignants qui veulent travailler en collaboration, s'inscrire dans des projets, mettre en place des projets tout au long de l'année pour créer ce commun, cette mutualisation et ce travail collaboratif.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Je pense que c'est important de souligner ce que tu dis et de souligner le rôle du professeur documentaliste qui peut vraiment devenir une sorte de pivot de la collaboration, de la coopération entre enseignants.

Par nature, il a cette possibilité de solliciter différentes disciplines, de travailler de façon approfondie avec différentes disciplines et le CDI peut être également le lieu de rencontre d'élèves, d'enseignants, de projets, un lieu un peu fédérateur, je dirais.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Oui, parce qu'on parlait du cadre, c'est vrai qu'il y a le cadre physique, le cadre virtuel, c'est vraiment définir les espaces de travail.

Il y a la question du temps, la question de l'espace qu'il faut aussi se poser à un moment donné pour un travail en équipe.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Merci pour toutes ces réflexions, tous ces apports.

On va maintenant passer à un temps de questions-réponses pour répondre aux questions qui nous ont été proposées par l'intermédiaire du tchat.

"Les questions-réponses"

Appoline nous demande : "Comme la plupart des profs d'arts plastiques, je suis seule dans mon établissement.

Dans ce contexte, comment peut-on s'engager dans un travail collectif ?"

Une question pour François.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Oui, alors...

De nature, il me semble qu'en arts plastiques, on a finalement cette intelligence collective qui fait que naturellement, on est poussé à travailler avec les autres.

Dans notre discipline elle-même, on met très souvent en place des situations où les élèves s'engagent de façon collective et c'est vrai qu'on se retrouve, dans les établissements scolaires, très souvent sollicités pour participer à tel ou tel projet.

Donc, ça se fait...

Je dirais même que ça se fait assez naturellement.

Si ça ne se fait pas naturellement dans l'établissement scolaire, à ce moment-là, il est assez important, il me semble, de pouvoir se tourner vers des référents, ça peut être le professeur documentaliste comme on l'a cité précédemment, ça peut être le référent numérique, ça peut être le référent culturel de l'établissement qui valorise le PEAC pour pouvoir s'inscrire dans une dynamique collective.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Sylvie a une question un peu plus technique, pratico-pratique.

"Quelle différence entre PodEduc et Tubes ?"

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Une différence assez fine, je dirais, puisque les deux, finalement, c'est produire de la vidéo et la partager.

Tubes, on est plus avec un pendant à la plateforme commerciale que tout le monde connaît qui est avec publicité et PodEduc, on est plus avec la création de tutoriels, de vidéos, de formations et autres, mais c'est une différence assez subtile, assez fine.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Question, cette fois, pour plutôt Cécile et Ozlem.

Lamia nous dit : "Je suis moi-même référente Pix en Tunisie, est-ce que vous pouvez développer un peu plus la formation et l'accompagnement des enseignants ?"

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Déjà, on a démarré par une réunion.

On a expliqué ce qu'était Pix, on a montré la plateforme.

On a donné un code pour que les enseignants se connectent sur Pix et testent en tant qu'apprenants.

On a créé un espace sur l'ENT.

Cécile Le Chevalier, puis Ozlem Gundag.

-Collaboratif sur l'ENT.

Une communauté.

-Une communauté, voilà.

On a déposé nos documents de formation.

Cécile Le Chevalier, puis Ozlem Gundag.

-Voilà, tout à fait.

-Pour éviter les mails.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Tous les diaporamas, tous les tutoriels qu'on faisait.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Tout à fait, et ce qu'on a pu récupérer sur la plateforme Pix directement.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Oui, tous les documents Pix qu'on avait.

Ozlem Gundag, puis Cécile Le Chevalier.

-On avait cet espace forum.

-Oui, tout à fait.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Où les collègues pouvaient créer des billets, et donc poser des questions.

On répondait, mais d'autres répondaient aussi.

C'était un espace d'échanges.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Il était très, très intéressant, cet espace, parce que déjà, il commençait à permettre de développer une entraide entre pairs.

C'était déjà les inscrire un peu dans cette dynamique.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-C'est ça, parce qu'on ne se croise pas forcément au lycée, on n'a pas forcément les mêmes jours ou les mêmes pauses, etc.

Et donc, en ligne, c'était assez pratique et d'ailleurs, on a vu que les collègues se répondaient les uns les autres.

Finalement, au fil du temps, on n'avait presque plus besoin de nous, ce qui est bien, parce qu'on voit l'autonomie se développer.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Ça s'est fait naturellement sur les trois ans, vraiment par petites touches sur certains outils un peu spécifiques, sur certaines séances un peu spécifiques.

Et puis petit à petit, effectivement, on commence à avoir des enseignants qui ont pris...

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Et qui sont fiers, d'ailleurs, de débloquer, de montrer à un collègue : "Tiens, regarde, là tu fais de telle manière, etc."

Ils sont assez fiers de le montrer.

C'est vraiment un accompagnement en présence mais aussi à distance avec un espace où ils peuvent échanger, interagir.

C'est quand même très important.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Je pense que ce qui est assez important aussi, c'est de donner la possibilité aux équipes d'identifier leur place dans cette formation Pix et l'accompagnement qu'ils peuvent avoir également avec leurs élèves, leur faire prendre conscience que chacun, comme le disait Cécile, à son niveau, travaille des compétences numériques dans le cadre de sa discipline.

Cette première phase d'identification et de valorisation du travail qui est fait au quotidien dans les disciplines est très importante.

Dire que oui, chacun travaille ses compétences numériques et comment on va pouvoir, chacun, accompagner les élèves vers cette certification Pix, ça, c'est très important.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-On a Jules qui nous dit : "Je suis dans le premier degré.

Vous n'avez parlé presque que du second degré.

Est-ce qu'on ne peut pas travailler ensemble aussi dans le premier degré ?"

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-On peut très bien travailler ensemble dans le premier degré.

Tous les outils de portail.apps.education.fr permettent à des gens du premier degré de différentes écoles de travailler ensemble.

Je ne suis pas professeure dans le premier degré, mais il me semble que ce qui peut, peut-être, limiter un peu les échanges, c'est le fait qu'on se dit : "Il faut que je travaille avec mon équipe", mais qui ne va pas forcément passer par le numérique, parce que quand on est tous dans la même école, je pense que les enseignants du premier degré peuvent se retrouver autrement.

Par contre, il me semble très, très intéressant de leur permettre de se réunir entre écoles, mais c'est un peu le but des constellations.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Oui.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Parce qu'entre écoles, forcément, on va pouvoir croiser des profils différents et rassembler aussi des profils similaires.

Il n'y a pas très longtemps, j'ai eu le cas d'une jeune enseignante qui commençait à enseigner, qui n'était pas vraiment néotitulaire mais dans sa deuxième ou sa troisième année, et qui se retrouvait dans une école avec une équipe d'enseignants vraiment beaucoup plus confirmés, ce qui est très bien, parce qu'il y avait une entraide réellement qui se mettait en place, mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas vraiment avoir le même type d'échanges qu'elle aurait avec d'autres jeunes enseignants et aborder aussi ces problèmes-là.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Le numérique lui permettait d'avoir des espaces...

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Le numérique permet de créer aussi des communautés "virtuelles".

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Des communautés de pratiques.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Des communautés de pratiques, oui.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Tout à fait, où ils se posent des questions en dehors de l'établissement.

On le voit parfois sur les réseaux sociaux, on voit des petits groupes se former, on voit qu'il y a des échanges de pratiques sur les réseaux qu'on peut "internaliser" dans l'Éducation nationale sur les plateformes que l'on a déjà présentées.

Cécile Le Chevalier, enseignante de lettres modernes, référente numérique Pix.

-Et réinvestir, parce que ça constitue une force.

Ozlem Gundag, professeure d'économie gestion, formatrice académique DANE Versailles.

-Complètement.

François Miquet, enseignant d'arts plastiques et formateur.

-Dans le premier degré aussi, il y a des référents.

On a les conseillers pédagogiques, mais on a aussi les eRUN qui sont les référents numérique dans le premier degré qu'il ne faut pas hésiter à solliciter pour accompagner les équipes du premier degré.

Mélinée Chanard, Réseau Canopé.

-Nous arrivons au terme de ce webinaire.

Un grand merci à vous trois pour avoir partagé avec nous votre expérience et votre expertise.

Nous espérons que vous y avez trouvé l'inspiration pour mener vos propres projets collaboratifs.

On espère aussi vous retrouver très bientôt pour d'autres formations autour du numérique.

Un grand merci aux équipes de Canopé pour l'organisation et le dispositif technique de ce webinaire et à très bientôt, on l'espère.

Crédits

  • Direction de publication : Marie-Caroline Missir
  • Production : Réseau Canopé
  • Partenariat : Pix
  • Licence : CC BY-NC-ND 4.0

Ressource produite avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse

Financé par le Gouvernement de la République française, liberté égalité fraternité, le plan France Relance et l'Union européenne (NextGenerationEU)