Accessibilité des apprentissages et numérique
Quels sont les apports et limites du numérique dans une pratique pédagogique inclusive ? Découvrez des pistes qui s'appuient sur des exemples en classe pour réfléchir et mettre en place un environnement numérique au service de l’accessibilité universelle des apprentissages. Avec Cédric Moreau, maître de conférences en sciences du langage, Patrice Renaud, chargé de mission « Numérique et école inclusive » à la Direction du numérique pour l’éducation, et Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
Transcription
-Développer le numérique à l'école constitue un enjeu pour construire la citoyenneté numérique, favoriser une école inclusive, assurer la continuité pédagogique et administrative pour une école plus résiliente et pour la réussite de chacun.
Chaque professeur doit donc être formé aux compétences et à la culture numériques afin de s'inscrire dans une démarche de développement professionnel et de pouvoir accompagner ses élèves.
Un nouveau référentiel inspiré du DigCompEdu européen a été stabilisé en décembre 2021.
Ce cadre de référence des compétences numériques pour l'éducation, CRCN-E ou CRCN Édu, donne lieu à un dispositif de reconnaissance de ces compétences destinées à rendre compte d'une maîtrise progressive dans la carrière de chaque enseignant.
Il fait l'objet d'une phase pilote qui a débuté en janvier 2022.
En partenariat avec le groupement d'intérêt public Pix, avec le soutien du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, et financé dans le cadre du plan France Relance, Réseau Canopé propose une série de webinaires pour accompagner les enseignants dans ce dispositif.
"Accessibilité des apprentissages et numérique" "Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA" "Patrice Renaud, chargé de mission 'Numérique et inclusion', Direction du numérique pour l'éducation" "Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS" Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Bonjour à tous, bienvenue dans ce webinaire.
Pour nous accompagner ce soir dans notre réflexion, nous accueillons Célia Baillif, enseignante spécialisée en dispositif ULIS premier degré, Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation et de la formation à l'INSHEA, et Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et école inclusive" au ministère de l'Éducation nationale.
Et moi-même, Benjamin Thily, médiateur numérique auprès de l'Atelier Canopé de Caen.
Tout de suite, commençons ce webinaire avec une première vidéo tournée dans la classe de Célia.
Nous y découvrirons une ressource numérique susceptible de faciliter l'accessibilité des supports à tous les élèves.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Le petit bouton bleu, vas-y.
OK.
Voilà.
Et on va sur...
Vas-y.
Avant qu'on colorise, on va corriger un peu le support, et je t'aide, du coup.
Le texte commence par : "Les comètes sont", et ce n'est pas mis, donc c'est à toi de me le retaper.
Super.
"La plupart restent à la limite du Système solaire, mais certaines se rapprochent du Soleil."
Pour le reste, c'est bon.
Donc, là, maintenant...
Allez, on colorise.
Vas-y, super, tu montes, tu montes.
Monte.
OK.
Tu te rappelles comment on colorise ?
Un élève en ULIS.
-Je vais en bas, je fais en blanc et je monte.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Et tu as tout colorisé.
Tu vas pouvoir lire beaucoup plus facilement, et ensuite retravailler le texte en fluence.
Ça marche, je l'enverrai à Maman sur Educartable.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Célia, nous venons de voir la colorisation de texte.
Pourquoi utilisez-vous cet outil en classe ?
Que vous apporte-t-il à vous, et qu'apporte-t-il à vos élèves ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Je commencerai par rappeler peut-être ce qu'est un dispositif ULIS.
J'ai dans ma classe des élèves porteurs de handicaps orientés en ULIS par la MDPH, mais qui sont inscrits dans leur classe d'âge et viennent dans le dispositif sur les moments où il y a besoin.
Dans ma classe, souvent, je les ai en français et en mathématiques, et le travail est déjà adapté, accessible à tous.
L'objectif de la colorisation, de la souris scan, c'est de pouvoir permettre une autonomie dans la classe d'inclusion, c'est-à-dire dans leur classe de référence, pour qu'ils puissent essayer de faire le travail à peu près comme les autres, en enlevant une charge difficile.
Souvent, la lecture des sons complexes pose problème jusqu'à très tard, parfois même au collège.
Donc, en colorisant, en mettant en couleur chaque son complexe, ça permet une fluidité de lecture et l'accès au sens.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Il s'agit donc d'une capacitation, d'une montée en autonomie des élèves via une familiarisation au sein du dispositif que vous accueillez.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Exactement.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Alors, je vais me tourner justement vers Patrice, qui, en tant que référent Éducation nationale du ministère de l'Éducation nationale, a une connaissance assez fine de ces différents outils.
On a vu un outil qui se nomme donc Colorization.
J'ai cru comprendre que d'autres outils existaient.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Oui, tout à fait.
Il existe beaucoup d'autres outils.
Déjà, je trouve que cette vidéo a l'intérêt de montrer le numérique.
Le numérique est vraiment un outil essentiel pour rendre les élèves les plus autonomes possible.
Je vous le disais, il existe beaucoup d'outils.
La question qui va se poser à l'enseignant, c'est : "Je prends du gratuit, je prends du payant, quel est l'intérêt ?"
L'expertise est vraiment au niveau de chaque enseignant, dans chaque classe, pour coller au mieux aux besoins de l'élève.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Et il me semble qu'au niveau du ministère, il y a un soutien qui est apporté au développement de certains outils comme gage de qualité.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Nous avons un dispositif qui s'appelle Édu-up.
"Édu" comme "Éducation", "up" comme "usages pédagogiques", et c'est le clin d'œil à "start-up".
Il n'est pas du tout réservé aux élèves relevant de l'école inclusive, c'est pour tous les élèves, mais avec une sensibilité très forte aux besoins de ces élèves.
Donc, on aide très concrètement des start-up, des associations pour qu'elles développent des ressources numériques pour l'école.
L'idée, c'est que ces ressources servent dans l'écosystème de la classe.
Il ne s'agit pas de créer des outils extraordinaires, mais qui ne répondent pas aux besoins de tous, sinon ils ne seront pas utilisés.
Donc, on est très vigilants sur cet aspect pratique de classe.
On soutient une douzaine de ressources par an, et dans le domaine du handicap, à peu près 80 %.
On a aussi l'obligation, pour toutes les ressources produites, quand elles ne relèvent pas strictement de l'école inclusive, que ces ressources soient accessibles à tous les élèves de la classe, car quand un enseignant va les utiliser, a priori, il ne sait pas si un élève aura des besoins différents.
Donc, l'idée, c'est que ce qu'on fait dans le domaine du handicap serve à tous, et qu'inversement, tout ce qu'on développe, tout ce qu'on finance puisse servir à des élèves, même différents, avec des besoins qui peuvent relever du handicap.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Célia soulignait tout à l'heure, par rapport aux bénéfices d'un tel outil, l'idée de continuité pédagogique entre le dispositif et entre les niveaux d'accueil des élèves dans leur classe d'âge.
Mais il y a également, peut-être, un lien de classe à classe, de niveau à niveau.
On parlait en préparant l'émission de la classe de CP, qui est perçue comme très importante à pas mal d'égards pour l'entrée dans l'écrit.
Ce dispositif, Colorization, a son utilité dans le passage de niveau, c'est bien ça ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Tous mes collègues dans mon école, en CP et en CE1, utilisent Colorization, en l'enlevant progressivement pour ceux qui n'en ont plus besoin et en le maintenant pour ceux qui en ont besoin.
Et on peut également, au cas par cas, maintenir cette colorisation pour certains élèves au cycle 3, qui ne sont pas du tout en ULIS, qui se retrouvent en classes ordinaires, mais qui ont encore besoin d'une aide pour pouvoir lire plus fluidement.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Mais cependant, avant de coloriser le texte tel qu'on l'a vu dans la vidéo, il faut le numériser, l'acquérir avant de pouvoir le traiter.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-C'est bien ça, souvent, les textes sont issus de sites pédagogiques que les collègues prennent, ou de manuels.
Et pour pouvoir travailler à partir de ce texte, le coloriser, et ensuite l'enrichir s'il y a besoin ou travailler dessus, il faut le scanner, d'où l'importance de la souris scanner.
Mais je mettrais un bémol, la souris scanner est très difficile d'utilisation.
Il faut pratiquer régulièrement, et souvent, les élèves sont aidés d'une ergothérapeute qui va les aider à utiliser et la souris et l'ordinateur.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Justement, découvrons une deuxième vidéo qui présente un tel outil qui permet de numériser du texte afin de pouvoir le retravailler, et éventuellement le coloriser.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Allez, go.
Plus doucement, on n'est pas pressées.
Jusqu'au bout de la ligne.
Jusqu'au bout de la ligne.
Jusqu'au bout de la ligne, regarde, tu n'as pas fini.
Voilà, c'est bon, tu peux descendre, remonter, OK.
Et tu vas jusque-là.
Tu as appuyé sur le bouton bleu, tout s'est arrêté.
Vas-y, recommence, ce n'est pas grave.
Alice, il faut que tu arrêtes d'appuyer sur le bouton, sur le bouton bleu, sinon on n'y arrive pas.
Alice, élève en ULIS.
-Tu peux m'aider, s'il te plaît ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Je t'aide, vas-y.
Tu appuies et je guide un peu avec la main.
Allez, lâche, lâche.
Voilà.
Allez, doucement.
Voilà.
On monte ?
Vas-y.
Oui.
Je te laisse finir la dernière ligne.
Je lâche la main.
Si, regarde, je suis là, je suis là.
Reste bien en haut.
Hop, vas-y, voilà, vas-y.
Doucement, doucement, super.
Vas-y.
Vas-y.
Encore un petit peu.
Impeccable, super.
On appuie une seule fois sur le bouton bleu.
Parfait.
Alice, élève en ULIS.
-Après, il faut mettre en couleur.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Je vais l'ajuster, moi, déjà.
On va mettre en couleur, mais patience.
Allez, tu appuies sur "OK", maintenant.
OK.
Et on y va sur le document.
Alice, élève en ULIS.
-C'est où ?
Là.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Deux fois, tu te rappelles ?
Deux fois rapidement.
Reste bien sur la souris.
Deux fois rapidement, vas-y.
Voilà.
Alors, regarde, je te le mets en forme comme ça.
Écris-moi "comètes", toi.
"Comètes."
"Co-mè-tes."
Alice, élève en ULIS.
-Comè...
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Vas-y.
Regarde, elles sont plusieurs, on met un "S".
"Les comètes sont des boules de glace, de neige et de poussière."
Alors, écoute, tout va bien.
Ça marche pour toi ?
Alice, puis Célia Baillif.
-Oui.
-OK.
Il va falloir coloriser, Alice.
Et ça, c'est toi qui le fais, c'est ton travail.
Ça marche ?
Allez, je t'aide.
Attention, une fois qu'on a mis...
Attends, Alice.
Et on ne lâche pas.
Tu ne lâches pas, le doigt reste appuyé sur la souris.
Jusqu'en bas, jusqu'en bas.
Hop, c'est bon, là, on peut lâcher.
C'est bon ?
Et on va coloriser, rappelle-toi, en appuyant sur le petit pot de crayons.
Alice, élève en ULIS.
-Rose, moi.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Non, tu ne choisis pas.
Et c'est bon.
On met en blanc, maintenant.
Il faut rappuyer sur le blanc.
Hop.
Alice, élève en ULIS.
-Mon ventre gargouille.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Ton ventre gargouille.
"Même activité de numérisation de support à partir d'un iPad" Attends, regarde.
Attends.
Non, regarde, bien droit, comme ça.
Vas-y.
Alice, élève en ULIS.
-Parfait.
Nickel.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Non, regarde.
Non, non, non.
Tu allais faire "Conserver", encore.
On réduit le texte pour aller jusqu'à "aller".
Vas-y.
Pas trop.
Là, c'est trop.
En bas.
Voilà, stop.
Parfait.
Et puis sur les côtés, un petit peu, peut-être.
Pas trop, parce que quand on veut coloriser, s'il y a trop de blanc, après, c'est compliqué.
Voilà, l'autre côté aussi, un petit peu.
Pas mal.
Vas-y.
Alice, élève en ULIS.
-Tout nickel.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Nous venons de voir deux ressources numériques, la souris scan et l'iPad.
Pouvez-vous préciser l'intérêt de ces ressources pour votre élève et pour vous ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Alice a été dotée par la MDPH il y a un an et demi d'un ordinateur et d'une souris scan pour lui permettre une inclusion en ULIS et en classe ordinaire.
Elle a été accompagnée par une ergothérapeute pendant toutes ces années.
Au bout d'un an et demi, l'ergothérapeute a quand même expliqué que l'utilisation de la souris était très compliquée, la gestion de l'ordinateur, l'enregistrement des dossiers, retrouver les dossiers, les ouvrir restait très laborieux et très coûteux pour Alice et ne permettait pas l'inclusion.
Elle a proposé un autre outil qui est l'iPad, pour essayer d'être au plus près des besoins de cette élève.
Les parents ont acquis l'iPad par eux-mêmes pour fournir cet outil à leur fille.
Effectivement, ça fait un mois et demi à peu près qu'elle l'utilise et elle est assez autonome sur cet outil, elle arrive très bien à enregistrer, elle arrive très bien à scanner en prenant juste une photo, comme on l'a vu sur la vidéo.
Ça permet qu'elle puisse se rendre en CM1 dans sa classe d'inclusion et qu'elle puisse utiliser cet outil pour vraiment utiliser les documents comme n'importe quel élève de la classe de manière beaucoup plus fluide, beaucoup plus autonome.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Vous parlez justement d'une attribution de MPA, de matériel pédagogique adapté sur une désignation, une préconisation MDPH, préconisation dont le choix a été fait de s'écarter.
Ça peut interroger un peu.
Je vais me tourner vers notre référent ministère de l'Éducation nationale.
Comment gère-t-on cet apparent paradoxe de la différence entre la préconisation et l'attribution fonctionnelle ?
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Oui, comme vous venez de le souligner, c'est un dispositif qui est un peu lourd, un peu complexe, puisqu'en effet, sur demande, souvent, de la famille et de l'équipe enseignante, on va faire une demande à la Maison Départementale des Personnes Handicapées qui va préconiser un matériel que l'Éducation nationale va ensuite fournir, et donc payer.
Donc, quelquefois, le matériel ne convient pas, parce qu'au niveau de la chaîne de décision, un certain nombre de choses sont améliorables.
On a repéré des points faibles aussi au niveau de l'accompagnement.
C'est vrai que quand le matériel est donné à l'élève, on se rend compte qu'il faudrait mieux accompagner l'élève, la famille, mais aussi les enseignants, pour que l'utilisation en classe soit effective.
La deuxième chose à souligner, c'est sans doute que les besoins de l'élève peuvent évoluer dans le temps, qu'entre le moment où on préconise un matériel ou qu'il est demandé, les besoins de l'élève peuvent évoluer avec des difficultés supplémentaires.
Il faut surtout ne rien s'interdire, et on a vraiment l'impression qu'il faut donner beaucoup plus de souplesse à ce dispositif de matériel pédagogique adapté, ce qu'on fait actuellement.
On le voit dans la vidéo, l'enseignant n'est pas seul, il y a des ergothérapeutes, il y a des orthophonistes, d'autres professionnels de santé qui vont être là pour accompagner la famille, l'enfant, l'enseignant.
Je pense qu'il faut vraiment tester, il faut voir si ce qui est mis en place correspond toujours aux besoins, et ne surtout jamais hésiter, déjà, à faire un bilan.
Est-ce que ça marche, est-ce que ça ne marche pas ?
Quelles sont les limites, quels sont les avantages de l'outil ?
Et à partir de là, avoir une possibilité d'avoir un dispositif beaucoup plus souple qui soit au plus près de l'élève.
Donc, ça, on y travaille d'arrache-pied.
Il y a beaucoup de partenaires, on a l'impression qu'on n'avance peut-être pas très vite.
Pour avoir une idée, le matériel pédagogique adapté n'est pas suffisamment utilisé dans les établissements pour des raisons qu'on a aussi identifiées.
C'est stigmatisant, quelquefois, pour un enfant, je pense au collège, au lycée, d'être le seul à utiliser un outil numérique.
L'avantage des classes où on a partout des ordinateurs, c'est que ça permet que l'élève en situation de handicap ne soit pas stigmatisé.
Il utilise lui aussi le matériel numérique, mais de façon différente, avec éventuellement des applications spécifiques.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-C'est intéressant, parce que vous soulignez un aspect négatif qui est celui de la stigmatisation éventuelle de l'élève tel qu'il se perçoit lors d'une attribution de matériel.
On a vu également une autre facette un peu moins positive dans le témoignage de Célia et dans la vidéo.
On voit que la manipulation, parfois, la logistique, le coût cognitif de la manipulation de ces outils peut parfois contrebalancer le bénéfice de cette dotation de matériel.
Justement, je vais me tourner vers Cédric Moreau.
Comment fait-on pour gérer cela ?
L'élève doit-il être le seul dépositaire de cette difficulté logistique ?
Est-elle intrinsèquement liée ou peut-on chercher des manières de s'en affranchir ?
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-J'ai envie de dire qu'on fait comme on peut, en fonction.
Et ce n'est pas à l'élève, ce n'est pas aux parents, ce n'est pas à l'enseignant, c'est justement à toute l'équipe qui gravite autour des besoins et aux réponses des besoins.
J'ai entendu plusieurs fois le terme "autonomie".
Ce qui me semble intéressant, c'est, effectivement, le concept d'autonomie, on ne va pas revenir dessus, c'est essentiel.
Mais il ne faudrait pas que ce soit un concept qui vienne voiler celui de l'école inclusive.
Effectivement, on voit toute la charge cognitive, toutes les difficultés qui sont demandées à l'élève pour scanner son document pour le rendre accessible.
La question, c'est : est-ce à l'élève de rendre accessible son document ?
En tant qu'élève, pour moi, son rôle, c'est l'acquisition de concepts, l'acquisition de savoirs.
Voilà, c'est cette question-là.
Toute la charge cognitive qui est demandée pourrait être utilisée pour autre chose.
Et les documents qui sont partagés aux élèves, qui sont distribués, sont des documents numériques.
Donc, déjà, distribuer d'emblée le document numérique à l'élève, on évince cette question, et on peut se concentrer, quand on est enseignant, sur son métier, comment je fais pour transmettre les savoirs ?
Avec des détails, on voit aussi très bien, sur la vidéo, le document qui est encadré.
Lorsque ça va être encadré, ça va poser un problème.
Il y a un astérisque, ça va poser un problème, le titre va être décalé.
Il y a toute une façon de penser le document pour qu'il soit accessible de façon native.
C'est tout l'enjeu de l'école inclusive, à mon avis.
C'est de penser les documents accessibles, et pas accessibles simplement à l'élève que j'ai là, mais à tous les élèves.
C'est très difficile d'accessibiliser un document existant.
C'est difficile, ça ne marche pas bien.
Mais penser de façon inclusive, c'est l'enjeu de l'école inclusive.
On est dans un processus qui fait qu'on en est aux balbutiements, on ne sait pas comment faire, les enseignants se sentent parfois isolés dans leur coin.
Donc, ils se rattachent à des outils qui sont performants.
C'est une situation réelle, concrète.
Mais de façon plus large, on peut se demander justement comment repenser les choses.
On sait que les enseignants sont surchargés.
Comment on peut répartir de façon suffisamment intelligente la réponse aux besoins pour faire en sorte que chaque élève ne soit pas considéré comme l'élève d'ULIS, qui n'est pas une classe, mais un processus, mais un élève à part entière qui a des besoins comme n'importe quel autre ?
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On est en train d'interroger le concept d'école inclusive au sens où cette école, pour être inclusive, cette responsabilité de devenir inclusive n'incombe pas aux seuls enseignants.
Il semblerait, d'après les témoignages que vous livrez, que cette inclusion ne peut se construire qu'avec les parents, avec les praticiens, avec le regard de la MDPH.
Un enseignant n'est jamais seul en situation de bricolage, normalement, vis-à-vis d'une inclusion à construire.
C'est quelque chose qui nécessite de l'essai-erreur, de la tentative, de la discussion, de la co-construction.
On n'est bien évidemment pas dans une logique de solutionnisme où un outil viendrait insuffler par essence de l'inclusion dans les pratiques.
C'est intéressant, ça nous permet de relativiser cet aspect outillage qui, parfois, est un peu trop mis en avant.
En tout cas, nous, par rapport à cette problématique, on a souligné, vous avez souligné également, la question de la formation des enseignants.
Comment est-ce qu'on fait, quand on doit déployer un tel dispositif, qu'on n'est pas nécessairement expert, où va-t-on chercher la compétence, l'expertise ?
Auprès de qui peut-on aller la solliciter pour monter en compétences ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Je ne suis pas très experte en ordinateurs.
Par contre, j'ai un soutien conséquent de l'ergothérapeute, des deux ergothérapeutes qui interviennent dans ma classe, également de l'eRUN de la circonscription, qui peut venir m'épauler.
Mais c'est primordial de former les enseignants, car quand on est devant une classe, quel que soit le nombre d'élèves, si l'outil numérique n'est pas maîtrisé par ou l'élève ou l'enseignant, on ne peut pas, nous, venir en aide à cet enfant, qui va se retrouver bloqué.
Et là, l'outil numérique devient quelque chose qui empêche plutôt qu'une aide.
Donc, il faut qu'on puisse être formés aux différents outils.
Et il faut aussi que l'enseignant puisse être formé à reconnaître les besoins de son élève et quel outil va au mieux aider l'élève, et puis s'autoriser à se tromper, car on peut penser que cet outil fonctionne, mais en choisir un autre.
Ce qui veut dire qu'il faut avoir à sa connaissance, en formation, mais aussi en matériel dans la classe, un certain nombre d'outils.
Tout ça, c'est à mettre en place, parce que ce n'est pas le cas dans les classes.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Là aussi, c'est quelque chose à construire.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Exactement.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-C'est le fameux sens de l'équipe éducative.
L'équipe élargie, c'est dans les murs et hors les murs.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Oui, parce qu'en tout cas, de mon expérience, la MDPH notifie énormément un ordinateur et une souris scanner.
Je me rends compte que pour beaucoup d'élèves, en tout cas de l'ULIS, l'utilisation de la souris scanner et de l'ordinateur est compliquée.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Je peux peut-être réagir sur les notifications MDPH.
C'est très divers, d'un département à l'autre.
Ce sont des Maisons Départementales des Personnes Handicapées.
Là, dans votre cas, ce sont des souris scanner, dans d'autres endroits, on notifie massivement des scanners, et ça interroge, c'est ce que vous disiez, Cédric.
La vraie question, c'est : est-ce qu'on est à l'école pour scanner ses propres documents ?
Peut-être qu'en effet, avoir une chaîne numérique ininterrompue serait préférable.
Tous les enseignants, à l'heure actuelle, font leurs documents sous forme numérique.
Ils les produisent sous cette forme, souvent les impriment pour les distribuer aux élèves, ce qui peut déjà interroger.
On pourrait avoir des pratiques de classe inversée pour tous via les ENT, par exemple.
Donner ces documents sous forme numérique, et pour les élèves handicapés, pour le coup, c'est vraiment extrêmement important que l'élève puisse disposer du document sous sa forme numérique.
Ce n'est pas forcément un PDF.
L'idéal, ce serait un format modifiable, je pense à un .odt, un .doc, de façon à ce qu'on puisse intervenir facilement sur le document, ce qui éviterait des dotations en scanners qui, finalement, sont extrêmement coûteuses, et peut-être qu'une simple circulaire, pour le coup, du ministère indiquant que dans les bonnes pratiques pédagogiques, avec tous les élèves, mais en particulier avec des élèves en situation de handicap, fournir la version numérique du document, c'est la première des adaptations.
Je peux peut-être vous répondre aussi sur la formation.
Il y a Réseau Canopé, bien évidemment, il y a l'INSHEA, mais je laisserai Cédric répondre.
Je pense qu'il y a trois niveaux, dans la formation.
Ce que vous disiez, Célia, c'est maîtriser l'outil.
Il faut déjà avoir une idée de s'il y a quelque chose qui existe, le maîtriser.
Le second niveau, c'est l'utiliser en classe avec des élèves dits ordinaires.
Ça ne va pas de soi, ça s'apprend, ça prend du temps.
Ça nécessite d'échanger sur ses pratiques.
Le troisième niveau, c'est de le faire avec des élèves qui ont des besoins éducatifs particuliers.
Pour avoir mené ce genre de formation, et Cédric, c'est votre cas aussi, ça prend du temps.
C'est très compliqué.
Ça nécessite d'écouter les gens, d'avoir des retours sur ce qui se passe, d'avoir, dans ces formations, les AESH.
C'est extrêmement important aussi.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Je pense que tout le monde doit être formé.
Il y a l'INSHEA, il y a aussi l'Orna, qui est l'Observatoire des ressources numériques adaptées, qui, comme son nom l'indique, est un observatoire des usages.
C'est important de montrer que ça marche ou pas.
Justement, on est en train de réfléchir sur une plateforme collaborative où chacun, tous les opérateurs des DANE, Canopé et l'INSHEA, et aussi les enseignants pourront apporter leur regard, montrer dans quel contexte tel outil fonctionne, tel outil ne fonctionne pas, essai-erreur.
Et ça, c'est central, puisqu'en plus, les outils évoluent.
Il ne faut pas que ce soit figé.
Il faut vraiment que ce soit adapté et au moins qu'il y ait une preuve de concept à cet instant donné, dans cette situation-là.
Effectivement, on sait qu'aucun outil n'est un outil magique.
D'un autre côté, sans parler d'outils magiques, une bonne maîtrise d'un traitement de texte, ça faciliterait déjà beaucoup, beaucoup de choses, et pour beaucoup d'élèves.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Vous soulevez, Cédric, la question de l'outillage.
C'est intéressant, parce qu'on va découvrir une troisième vidéo dans laquelle on prend le contre-pied de ce qu'on a vu au début de ce webinaire, c'est-à-dire des outils asservis à un PC, à un ordinateur, avec une logistique de bureautique, souvent, derrière.
Il existe des outils qui permettent d'offrir une assistance individualisée sans recours à l'ordinateur.
Il est temps de le découvrir avec cette troisième vidéo dédiée au stylo Tellimero.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Je te laisse t'organiser tout seul.
"Un, j'ouvre le Tellimero.
Deux, je trouve le rallye sur Internet.
Trois, j'écoute avec le casque les questions, puis le rallye.
Quatre, je prends le Tellimero et j'écoute les questions de nouveau.
Je réponds aux questions.
Et enfin, je ferme le Tellimero."
Ça marche ?
Je te laisse tout seul ?
Vas-y.
Voix off.
-Le grand panda vit dans les montagnes chinoises.
Oh, le voilà, on dirait un ours.
Mais c'est bien un grand panda.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Où vit le grand panda ?
A : il vit en Europe.
B : il vit dans les montagnes africaines.
C : il vit dans les montagnes chinoises.
De quelle couleur est le grand panda ?
A : il est roux.
B : il est gris.
C : il est blanc et noir.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On voit que nous n'avons pas de PC, sur la table de l'élève.
Célia, on voit que l'élève écoute les questions, mais qu'il ne les lit pas.
Qu'est-ce que ça change pour lui ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Alors, là, déjà, dans l'exemple de la vidéo, on est sur une acquisition de la compréhension orale sans intervention de l'adulte.
On gomme toutes les questions de lecture, compréhension écrite, difficultés de lecture, même difficultés d'écriture.
Tout est passé par le Tellimero.
En classe, ça me permet, quand les élèves vont notamment passer des évaluations, surtout en CM1, CM2 où, parfois, les réponses sont conséquentes, de prendre l'évaluation, d'enregistrer chaque question, l'élève écoute la question et s'enregistre lui-même.
On gomme tout le problème lié à l'écriture.
Souvent, les élèves ont du mal à écrire.
On attend des réponses construites, avec une majuscule, un point, et ça, c'est tellement coûteux pour eux, ou même parfois la lecture d'un texte, qu'ils n'ont plus l'énergie ou n'arrivent plus à recentrer leur concentration pour répondre à la question.
On n'évalue plus, alors, la connaissance en la matière, on évalue plutôt la gestion de la lecture, comprendre une question, être capable d'y répondre.
Il faut bien cibler quelle est l'évaluation.
Si on veut vraiment évaluer, par exemple en histoire, la connaissance de la Révolution française, le Tellimero permet d'être vraiment sur les connaissances pures en histoire, et on peut vraiment évaluer des compétences de l'élève sur ce domaine-là.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On est donc dans l'allègement de la fameuse charge cognitive définie par André Tricot.
On concentre l'évaluation sur ce qu'il est indispensable d'évaluer.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Voilà, on soulage l'élève.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Très bien.
Alors, justement, par rapport à cette adaptation des évaluations, les manières de compenser les difficultés pour recentrer, Cédric, vous qui êtes chercheur sur les questions de sciences de l'éducation, n'y aurait-il pas la possibilité de réfléchir, avec ces outils, à de nouvelles configurations d'apprentissage ou d'évaluation pour les élèves en situation de handicap ?
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Oui, c'est ce que disait Patrice.
Effectivement, et ça, ça demande des recherches-actions, du temps, de pouvoir revenir, aussi, sur les outils.
Il y a toute cette logique de réponses à appel à projets.
Donc, il faut prendre ça en considération, c'est-à-dire quid de l'outil, une fois que le projet est fini ?
Comment je le mets à jour, comment je l'adapte aux nouveaux usages, aux nouvelles modalités, aux modalités qui n'ont peut-être pas été pensées lors de la création, mais pour lesquelles, justement, les usages de terrain font qu'il y a peut-être d'autres perspectives à envisager.
Voilà.
En plus, quelles sont les modalités avec ou sans l'objet ?
Là, on voit ici que l'élève travaille tout seul.
Est-ce qu'on peut imaginer des situations pédagogiques de groupes, de binômes qui vont peut-être accentuer, et pas stigmatiser l'élève, comme disait Patrice tout à l'heure, mais, au contraire, l'inclure au sein de sa classe ?
Qu'il soit élève à part entière.
Et justement, jouer sur ces différentes modalités, à la fois en lien avec des outils et en lien avec des ressources pédagogiques et usages pédagogiques que les enseignants maîtrisent.
Il faut être en capacité, aussi, quand on est enseignant, de remobiliser ses savoirs au service des besoins, parce que parfois, on a tendance à oublier tout ce qu'on a appris.
Moi, j'ai été enseignant, ou la personne a été enseignante pendant X années, je suis face à un élève en situation de handicap et je perds tout, je suis démobilisé.
Et remobiliser ses savoirs, parce que l'élève en face de vous, ce n'est pas un extraterrestre, c'est un élève avec des besoins éducatifs particuliers, ce qui demande du temps, de l'adaptation.
Donc, il y a aussi cette question de quel outil choisir, quand est-ce que je vais l'avoir, quel temps je vais avoir pour me rendre compte de ses besoins.
Parce qu'avoir un outil, c'est bien, mais c'est au service de quelque chose, au service de besoins, et donc on revient sur la question de la formation.
La formation, c'est l'identification des besoins pour pouvoir adapter, et pour pouvoir ensuite mener des recherches en lien avec ça.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Je voudrais revenir sur la question des examens.
Là, on voit des pratiques extrêmement intéressantes en classe avec un outil qui est très performant.
Le recours à l'audio, à la voix, c'est quelque chose, pédagogiquement, c'est une modalité très intéressante pour des élèves, notamment porteurs de dys.
Après, qu'en est-il lors des évaluations ?
Je pense à des évaluations terminales, diplôme national du brevet, baccalauréat et autres.
Il faut absolument que les outils qui ont été mis en place puissent être utilisés lors des examens.
C'est un point qui me semble extrêmement important.
Maintenant, les modalités d'examen ont évolué.
On est de plus en plus en contrôle continu.
Donc, il faut aussi qu'au quotidien, les pratiques permettent cette évaluation, ce qui ne semble pas être une augmentation des capacités de l'élève.
C'est ce qui nous est renvoyé par les centres d'examens, avec une crainte d'avoir un petit avantage d'un élève qui serait équipé par rapport à un élève qui ne serait pas équipé d'un logiciel donné.
Je ne vais pas citer de nom, mais c'est une problématique très prégnante.
On a une vraie volonté, actuellement, d'harmoniser ces pratiques au niveau des différents centres d'examens, à savoir, s'il y a disparités actuellement, ce n'est pas parce que des élèves handicapés seraient avantagés par rapport aux autres parce qu'ils utiliseraient le numérique.
Il y a des centres d'examens qui autorisent certains outils, et pas d'autres.
On a une réflexion, en effet, par exemple, sur quels seraient les outils, peut-être en liste blanche, on n'a pas encore bien décidé, qui seraient utilisables partout sur le territoire français aux examens.
Ça pose le problème de la constitution d'une telle liste.
Qu'est-ce qu'on va mettre, sur quels critères, sur quelles fonctionnalités ?
Cédric soulignait que les outils évoluent, donc comment maintenir dans le temps une telle liste de façon à ce qu'elle corresponde à la réponse aux besoins ?
On a travaillé, notamment dans le cadre du dispositif Édu-up, avec une société qui s'appelle Cantoo, qui propose Cantoo Exam et qui propose, c'est une modalité parmi d'autres, d'afficher sur les copies qui seraient rendues les outils effectivement utilisés par les élèves.
Donc, si vous utilisez un correcteur d'orthographe, si vous utilisez une mise en forme de texte, si vous utilisez des fonctionnalités audio soit pour dicter, soit pour écouter du texte, tout ça va être indiqué très clairement.
Le correcteur, comme ça, sait exactement ce qui est utilisé ou pas, et peut vérifier par rapport à un projet personnalisé de scolarisation si ces outils étaient réellement nécessaires.
Pour le coup, on peut être à peu près sûrs qu'il n'y ait pas augmentation, ce que je ne crois pas un instant, car les élèves en situation de handicap sont en surcharge cognitive constante.
Donc, quand bien même certains outils pourraient apparaître comme surcompensateurs, c'est à mon avis rarement le cas.
Il y a vraiment une problématique autour des situations d'évaluation, comme vous le disiez, et des situations d'examen, pour garantir une équité des différents candidats.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On note en tout cas qu'au niveau du ministère, on prend acte de cette interrogation et qu'on souhaite y apporter une réponse au niveau national, unifiée.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Tout à fait, c'est lié aussi au dossier sur le dispositif du matériel pédagogique adapté, où on a eu une vraie réflexion sur ce qui est réellement utilisé dans les classes, quelles sont les pratiques autour de ces outils.
Ça rejoint bien évidemment les questions d'accompagnement et de formation, parce que c'est un écosystème.
On n'a pas des outils magiques, on n'a pas des outils qui travaillent tout seuls.
Un outil va être intéressant, parce qu'il y a, derrière, un enseignant, des enseignants, une équipe enseignante qui vont avoir réfléchi aux pratiques, les faire évoluer dans le temps, et un élève qui va avoir un feed-back, une réponse, qui va dire : "Là, ça répond bien à mes besoins, là, un petit peu moins bien, et il faut peut-être passer à un autre outil."
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Y avait-il par rapport à cette vidéo des points sur lesquels vous auriez souhaité vous exprimer ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Juste peut-être ajouter que le Tellimero, on ne le voit pas, mais on peut brancher un casque dessus.
Quand les élèves font une évaluation en CM2, ils sont dotés du casque.
Comme ça, les élèves de la classe ordinaire ne sont pas gênés par le bruit de l'outil qui enregistre ou alors de l'écoute de la consigne.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-C'est encore ce fameux problème de stigmatisation.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Il peut y avoir stigmatisation, mais d'un autre côté, ce sont des outils qui sont de plus en plus désirables.
Une majorité de jeunes trouve les outils numériques comme quelque chose de tout à fait attrayant, et donc ça change un peu la donne.
On se souvient des années 1980, où on avait l'équipement des élèves en situation de handicap, ce n'était pas très fun, si je peux dire ça.
C'était des outils peu mobiles, des outils coûteux, des outils qui n'étaient pas forcément toujours très performants.
Là, on a exactement le contraire.
On a des outils qui, en général, sont accessibles financièrement, on va le dire.
Ils sont mobiles, ils sont très fiables.
Après, le problème s'est déporté vers une réflexion sur les données personnelles.
Il faut une grande vigilance, quand on utilise ces outils, notamment associés à des nuages, le cloud, voir où transitent ces données, d'autant qu'on a des élèves très particuliers.
Ils sont en situation de handicap, et on a des données qui peuvent être proches des données de santé.
Je pense qu'il faut avoir un regard très professionnel sur l'utilisation de ces outils en classe.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Je voudrais revenir sur ce qu'a dit ma voisine par rapport aux consignes.
En effet, le fait de pouvoir oraliser la consigne, c'est important.
Mais avoir aussi un regard sur la consigne elle-même.
Vous l'avez très bien dit.
C'est-à-dire, là, j'ai un devoir de maths, et être en capacité de se rendre compte que le devoir de maths, c'est bien des maths et je ne suis pas arrêté à la consigne.
Auquel cas ça devient un obstacle de français.
Donc, là, il y a quelque chose à faire sur le travail par rapport à des élèves allophones, par rapport à des élèves sourds, avec un lexique plus ou moins adapté, riche, etc.
Il y a ce regard qui doit être posé, et ce regard-là, c'est un regard pédagogique d'enseignant qui doit être posé pour tous les élèves.
Et les outils doivent venir au service de ce regard.
Là, on voit par exemple quelque chose qui est oralisé.
On peut imaginer quelque chose avec un QR code et une traduction en langue des signes, ou en français facile à lire et à comprendre.
Mais être sûr, quand on est enseignant, puisque ce sont des enseignants qui nous regardent aujourd'hui, qu'on atteint bien l'objectif visé et qu'on ne donne pas l'illusion de faire des maths alors qu'en fait, l'élève s'arrête à une question de français.
"Les questions-réponses" Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Alors, nous avons une question, d'abord, qui est adressée à Célia.
Question de pratique.
Une fois que l'élève a pris la photo avec l'iPad, quel est l'outil qui est utilisé pour colorier les lignes ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Pour l'instant, il n'y a pas d'outil qui est utilisé pour colorier les lignes avec l'iPad.
C'est en train d'être travaillé entre les ergothérapeutes et un gestionnaire de l'iPad qui est en lien avec eux en France.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Vous voyez, ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure.
Il existe beaucoup d'outils.
Le tout, c'est, dans une situation donnée, dans une classe donnée, avec un niveau de formation donné de l'enseignant, d'arriver à choisir le bon outil.
Et ça, c'est quelque chose d'évolutif, en plus, dans le temps.
C'est ça, la grande difficulté du choix de l'outil : c'est déjà connaître tout ce qui existe, en connaître les avantages, en connaître les limites, et puis faire un choix.
On a le droit de se tromper et d'essayer autre chose, mais ça nécessite du temps et beaucoup d'humilité sur l'utilisation du numérique en classe, mais en sachant que pour l'élève, c'est un levier extrêmement important pour son autonomie future.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Ça s'inscrit dans une chaîne éditoriale.
C'est ce qui est souligné.
Il n'y a pas l'outil, c'est l'outil, et avant, après, qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-ce qui se passe aussi en interaction avec les autres élèves ?
Est-ce que ce que j'ai créé, ce que j'ai produit, ce que j'ai utilisé, je suis en capacité de le partager ou pas ?
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Justement, Cédric, il y a une question pour vous, qui se dirige plutôt vers vous au regard des contributions que vous avez faites à ce webinaire.
Quelqu'un fait remarquer : "Ce n'est pas à l'élève de mettre l'énergie sur la numérisation des documents, mais ça ne peut pas être non plus à l'enseignant ou l'enseignante.
Que faire quand il n'y a pas d'AESH pour s'en occuper ?
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-En fait, je pense que c'est la façon dont on envisage la réponse aux besoins éducatifs particuliers.
Est-ce un surcoût ou est-ce que ça fait partie de mon travail ?
On peut faire l'analogie.
J'ai 30 élèves, j'ai un élève qui n'a pas le même niveau que les autres.
Est-ce que je vais le prendre en considération, car il va me demander plus d'énergie ?
En tout cas, ce n'est pas à l'élève.
Il y a peut-être quelque chose à penser au niveau de la répartition au sein pas forcément des enseignants, de l'enseignant dans la classe, mais de tous les enseignants.
Peut-être que le ministère a aussi son rôle à jouer.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-On soutient, via Edurp et via d'autres dispositifs, je pense aux Territoires numériques éducatifs, par exemple, le développement et la diffusion d'un certain nombre de ressources.
J'ai cité Cantoo Exam, mais on a Le Cartable Fantastique, qu'on soutient depuis de très nombreuses années.
À côté, il y a d'autres sources qui sont très bien.
Je pense à LireCouleur, Studys et d'autres logiciels, qui permettent très facilement d'adapter le texte comme le fait l'application que vous utilisez, Colorization.
Ça a l'avantage aussi d'être souvent multiplateforme.
C'est dans les exigences, normalement, d'Édu-up.
On évite de se bloquer sur un matériel donné, que ce soient les logiciels d'Apple ou Windows.
On essaie d'être complètement agnostiques sur ces aspects.
On ne sait pas, derrière, qui va l'utiliser.
Dans la famille, on peut avoir d'autres types de matériel, donc c'est des points très importants.
Donc, c'est dans tous ces logiciels-là qu'il va falloir chercher, peut-être, le plus efficace.
Le plus efficace, c'est sans doute celui qui demandera le moins d'énergie à l'enseignant.
Je me souviens, il y a longtemps, les parents adaptaient les documents pédagogiques.
Ça interroge aussi.
La première adaptation, c'est le document numérique lui-même.
Peut-être qu'avant de le coloriser, si on fournit déjà le document modifiable à l'élève, on a déjà fait un grand pas.
Le deuxième pas, avec ces logiciels-là, il y a même des versions en ligne, et d'un simple clic, on obtient une version modifiable.
Donc, au début, c'est certainement l'enseignant, ça peut être l'AESH, ça peut être un autre élève, ça peut être, comme on l'a vu avec l'iPad, l'élève lui-même qui, un peu formé, un peu aguerri, va l'utiliser, en ayant en tête que peut-être que ces adaptations lui serviront en situation de stage, lui serviront hors la classe, lui serviront dans ses loisirs.
Il y a cette montée en compétences des différents acteurs, l'élève lui-même, mais aussi les enseignants.
Et plus on monte en compétences, moins c'est coûteux pour nous aussi.
Je pense qu'il y a un peu de ça dans la réponse à apporter.
Montons collectivement en compétences, regardons les différents outils, choisissons l'outil, finalement, qui nous semble le plus adapté à notre situation, et ça deviendra beaucoup plus facile.
On passera d'un fardeau à quelque chose qui est de l'ordre de l'habitude, parce que finalement, adapter un texte pour un élève différent comme les vôtres, ça a un intérêt pour beaucoup d'élèves dans la classe, parce qu'ils n'ont pas été du tout repérés, donc pas encore diagnostiqués, et pour bien d'autres élèves qui ont des besoins qui ne relèvent pas du handicap, mais pour qui une adaptation de la taille de la police...
Une police minimale, c'est du 14 à 18, en primaire.
C'est quand même important.
Qui respecte ces règles d'ergonomie, ces règles d'accessibilité ?
Je pense que là aussi, c'est une question de formation, et de formation collective.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Vous l'avez bien dit, ce n'est pas la même chose de se dire : "J'ai 30 ou 40 élèves dans la classe et je vais faire un travail supplémentaire pour un élève" que de se dire : "Je fais ce travail pour tous."
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Célia, également ?
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Pour ceux qui ont la chance d'avoir une ULIS dans leur école ou leur collège, ça fait partie des compétences de l'enseignant spécialisé d'aller aider les collègues à aménager un document, le rendre plus lisible, le coloriser, l'adapter.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-C'est intéressant de se dire qu'en tant qu'enseignant, on a peut-être un référent de proximité en la personne du référent ULIS, mais on a peut-être aussi un acteur qu'on oublie parfois, s'il est disponible dans notre territoire.
On a des associations, aussi, parfois, qui interviennent et qui ne sont pas du tout dans l'intervention numérique sur le moment, mais qui sont plutôt sur la préparation en amont, la remise en page, la remise en couleur en fonction de difficultés d'apprentissage de profils spécifiques.
Il ne faut pas oublier, quand on dit que ce n'est pas à l'enseignant, que l'enseignant n'est pas seul sur la question.
Il peut aller chercher des collègues, des partenaires, des enseignants spécialisés pour l'aider sur la question, numérique ou pas, d'ailleurs.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Sur le manuel numérique scolaire, notamment, il y a le dispositif Platon qui est géré par la BnF.
Et donc, sur demande, parce que vous êtes empêché de lire, c'est valable pour les élèves comme pour les adultes, vous pouvez demander une adaptation par un organisme dont c'est le métier, souvent des associations qui vont adapter le manuel scolaire et vous le renvoyer.
Il y a une obligation, depuis quelques années, pour les éditeurs scolaires, dès la parution d'un ouvrage numérique, de déposer les sources de leur document, les sources numériques, à la Bibliothèque nationale de France pour qu'ensuite des organismes adaptateurs puissent créer des versions adaptées.
Et ça, c'est mutualisé, ce qui a été une grande nouveauté de ce texte.
Il suffit d'être empêché de lire.
Donc, on est là sur des troubles extrêmement variés qui peuvent être temporaires et qui permettent en plus...
C'est une question de gratuité, derrière.
Donc, on accepte, avec la bienveillance des auteurs et des éditeurs qui ont accepté de rentrer dans ce dispositif.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Il y a une question pour Célia, toujours sur l'iPad.
Quelqu'un a repéré que sur la vidéo d'Alice avec l'iPad...
La personne écrit : "Il me semble avoir vu un clavier avec des parties distinctes en couleur.
Quel est ce type de clavier et quel en est l'intérêt ?"
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Alors, c'est un clavier de la marque Logitech qui a été rajouté à l'iPad avec un certain nombre de couleurs pour essayer d'aider l'élève à la gestion du clavier, pour taper correctement plus rapidement.
C'est vraiment un outil pour tout le monde.
Il est très utile à Alice, mais tout le monde peut l'acquérir.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Ces petites gommettes sont rajoutables.
On connaît très bien, parce qu'il en a beaucoup parlé, c'est un jeune porteur de dyslexie qui a créé ces petites gommettes, ce petit système en lien avec ce qu'il faisait chez son orthophoniste.
Il y a des pratiques qui viennent de l'orthophonie.
C'est intéressant.
Pendant longtemps, ça a été des mondes séparés, d'un côté, les orthophonistes, de l'autre, l'école.
Ce n'est plus vrai.
On essaie de travailler ensemble, et on a un bel exemple, en plus un jeune qui crée sa start-up autour de ça et qui diffuse très largement, avec la Fondation Auchan, je vais la citer, pour une fois, qui diffuse dans les magasins ce clavier.
Certaines académies en ont fait la commande.
Après, ça interroge sur les pratiques de commandes publiques.
Pour l'avoir essayé, c'est intéressant aussi pour beaucoup d'élèves, pas forcément porteurs de dys, parce que tout simplement, vous avez un bon repérage du clavier.
C'est un impensé, l'utilisation du clavier.
C'est quelque chose qu'on enseigne très peu à l'école.
On ne se pose pas assez les questions d'utilisation par des élèves handicapés.
Vous apprenez l'alphabet, "A, B, C, D, E, F, G, H", etc., et on vous met un clavier où toutes les lettres ont été changées.
Vous avez des polices de caractère sur le clavier, en général, les touches sont en majuscules, et vous avez des minuscules à l'écran.
Il y a plein de choses assez compliquées, en réalité, derrière l'utilisation du numérique, et ça, on ne le travaille pas assez en formation et ça reste des difficultés, pas que pour les élèves en situation de handicap.
Donc, le clavier apporte une solution à ce genre de problématiques.
Ce n'est pas la seule, mais ça reste un outil tout à fait intéressant.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-De ce point de vue, le clavier virtuel tel qu'il peut s'afficher sur un appareil numérique peut-il être un élément simplifiant ?
En affichant moins de caractères...
Vous me direz, ça dépend certainement des profils.
Célia Baillif, enseignante en dispositif ULIS.
-Ça va dépendre du profil de l'élève.
Il faut toujours penser en termes de besoins, et pas de handicap, et à partir de là, tester, pourquoi pas.
Alice, en l'occurrence, le clavier tactile est beaucoup trop tactile pour elle.
Elle a des gestes un peu brusques et ça ne fonctionnait pas.
On l'a retiré, l'ergonome l'a bloqué.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On n'a pas de retour physique par rapport au contact d'une touche.
On n'a pas de déclic, on n'a pas de délimitation spatiale.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Ce qu'on peut faire, je n'ose pas dire facilement, car ça nécessite un peu de formation, c'est simplifier les menus, par exemple, que ce soit sur LibreOffice et Word.
Changer la disposition de ces menus, changer le nombre d'éléments dans les menus.
Peut-être changer la police des menus.
Tout ça, ce sont des choses qu'on devrait, qu'on pourrait travailler en formation.
Ça prend du temps.
On est vraiment autour du numérique, et je reste persuadé que si on faisait ça dans l'esprit que vous indiquiez tout à l'heure, pour tous les élèves, ça ne serait pas une charge supplémentaire.
Ça va permettre un exercice en classe beaucoup plus facile, une montée en compétences de l'enseignant et des conditions de travail beaucoup plus faciles avec une grande diversité d'élèves, handicapés ou non.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Nous avons une autre question, que je vais adresser à Cédric.
Je la lis comme elle est envoyée.
"Les professeurs de lycée général ou professionnel doivent gérer des groupes importants avec des élèves inégalement accompagnés.
Peu d'AESH, pas d'ordinateurs, il semble que les programmes de lycée ne soient pas adaptés à cet écosystème numérique, et parallèlement, on va demander aux lycéens de se certifier sur Pix.
N'y a-t-il pas un gap important entre les pratiques des élèves et les attentes du lycée ?"
Ce n'est pas spécifiquement axé sur le handicap.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Il faut replacer la réponse aux besoins particuliers dans un contexte historique.
C'est vrai qu'au départ, c'est plutôt les enseignants du premier degré qui ont été formés, et les adaptations ont été pensées pour eux.
En fait, au fil des années, ça commence déjà à faire, mais on voit que la question commence à infuser au sein du collège, au sein du lycée, au sein de l'université.
Et on voit qu'au fur et à mesure qu'on avance dans le temps, effectivement, l'infusion est de plus en plus diluée.
Et donc, il y a des écarts qui se créent.
Il y a des pratiques, il y a des contenus.
On ne peut pas tout repenser, quand on est enseignant.
On ne peut pas tout réécrire, on ne peut pas tout accessibiliser, parce que là, depuis le début, on part de situations "simples", il y a un élève en situation de handicap avec un besoin, deux avec des besoins identiques, mais on peut très bien imaginer cinq, six, sept élèves avec des besoins diamétralement opposés.
Là, on peut interroger les questions d'accessibilité universelle qui sont censées répondre à tout le monde.
Mais jusqu'à preuve du contraire, les réponses aux besoins d'une personne aveugle ne sont pas les mêmes que pour une personne sourde.
Et donc, là, il y a des choses qu'on ne sait pas faire, qui sont peu étudiées, qui intéressent peu.
Il n'y a pas beaucoup de réponses ou de projets qui vont dans ce sens, en termes de recherche.
C'est pourtant la réalité de beaucoup, beaucoup d'enseignants et d'élèves.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Cette réalité est également soulignée par certaines questions qui nous interrogent sur cette montée en compétences qu'on évoquait.
Comment la construire ?
Il y avait une question qui mentionnait : "Comment fait-on pour se former sans temps dédié ?
Selon le nombre d'élèves en situation de handicap qu'on accueille, comment sortir du bricolage ?"
C'est une question collective.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Il y a deux choses, à mon avis.
Il y a les enseignants qui sont en poste et ceux qui sont en devenir, qui sont en train d'être formés.
Et à mon avis, ceux qui sont en poste, il y a les dispositifs de modules d'initiative nationale ou autres formations possibles.
Et puis l'idée, ça serait, dès les formations initiales, de penser les réponses aux besoins éducatifs particuliers, qu'elles fassent partie du quotidien.
Et même, pourquoi pas penser une formation intégralement basée là-dessus ?
Ça fait des années qu'on y réfléchit, à l'INSHEA.
C'est quelque chose qui va peut-être un jour voir le jour, c'est-à-dire on rentre par le métier d'enseignant à partir du prisme de la réponse aux besoins éducatifs particuliers.
On entend dire que les enseignants doivent être formés.
Formés, c'est trois heures de Zoom ?
Trois heures d'un MOOC quelconque ou trois jours sur son temps personnel ?
Ces questions-là ne sont pas résolues.
Comment on fait pour former les milliers d'enseignants ?
C'est ça, la loi de 2005.
L'élève à besoins éducatifs particuliers peut choisir son école de quartier.
Tous les enseignants sont concernés, il faut tous les former.
Au ministère de répondre à cette question avec des moyens qui ne sont pas non plus extensibles.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Je crois beaucoup aux formations dans les établissements avec les équipes.
Ça, c'est peut-être une réponse.
C'est intéressant de voir les enseignants dans leur écosystème.
Souvent, on est sur des solutions, on va indiquer des applications, on va indiquer des modes pour se connecter ou autres et on est très loin du terrain.
C'est extrêmement intéressant d'aller voir les gens sur place et de les former.
C'est sûr que pour massifier ce genre de choses, c'est très coûteux en temps, c'est un investissement.
Je pense que sur la carrière d'un enseignant, prendre le temps, et vous le disiez très bien, en formation initiale, prendre le temps sur la diversification pédagogique ou la diversité des apprenants.
Il n'y a pas que les élèves en situation de handicap.
Vraiment, avoir cette entrée première au-delà des fondamentaux, et ensuite dérouler toute la formation à partir des élèves, peut-être faire des cas d'usage et travailler dessus à l'année.
Je pense qu'on a beaucoup d'opérateurs de formation et on a beaucoup d'enseignants qui se forment.
Maintenant, on a la chance d'avoir aussi d'autres modalités qui sont les modalités comme M@gistère, les webinaires tels que celui-ci.
Mais encore une fois, je crois aux pratiques, aux échanges de pratiques, peut-être à des formations hybrides où il y a une partie qu'on peut faire sous forme numérique, et ensuite se mettre autour d'une table dans l'établissement avec tous les intervenants et avoir des vraies questions, ne rien mettre sous le tapis.
C'est quelque chose qu'on sait tous assez faire, parce que c'est toujours embêtant de dire "je ne sais pas".
Mais de voir les personnels en situation, quelquefois avec des situations très complexes, et d'essayer d'y apporter très modestement et avec beaucoup de bienveillance des réponses, ça me semble intéressant.
Il y a le numérique, dans tout ça.
Il ne faut pas que le numérique apparaisse comme un niveau de complexité supérieur, au contraire.
Le numérique tel qu'on l'a actuellement, on en rêvait, je parlais des années 1980 tout à l'heure, c'est les années où il y avait des mamans et des papas dans leur garage, ça fait un peu les débuts de Microsoft ou d'Apple, qui développaient pour leurs enfants handicapés des solutions.
À l'époque, on était sur des tours et des écrans cathodiques.
Ils amenaient ça à l'école, avec des écoles qui disaient : "Waouh, c'est quoi, cette chose ?"
Mais ça permettait déjà la scolarisation de leurs enfants.
Là, on n'était pas encore dans la loi de 2005.
Depuis, on a des tas de sociétés, des tas d'associations qui viennent nous voir.
Vous parliez des associations, elles viennent me voir régulièrement, et pas que pour Édu-up.
On travaille beaucoup avec elles et on essaie de trouver des solutions.
Toutes ces solutions sont disponibles soit gratuitement, soit dans le commerce.
Maintenant, comment je les amène dans les dispositifs de formation, dans les établissements ?
Pour faire pas mal d'interventions dans des webinaires, tables rondes et autres, je peux vous dire qu'il y a un réel besoin de formations relativement longues.
On ne fait pas une formation, je ne vais pas avoir de langue de bois, en cinq minutes, ça prend du temps, ça nécessite d'essayer, de se tromper, d'essayer avec les élèves, d'avoir un retour, d'avoir un retour des collègues, d'identifier les problèmes, de voir comment on peut lever les freins.
Et tout ça, c'est des échanges de pratiques, très concrètement, et ce n'est pas que les enseignants.
C'est aussi les équipes de direction, les équipes d'inspection, les AESH.
Ce sont des personnels essentiels, les AESH.
Quelle formation donne-t-on actuellement aux AESH par rapport au numérique ?
Après, j'entends bien la question sur l'accompagnement, c'est ce que vous évoquiez.
J'ai cinq élèves différents dans ma classe.
Est-ce que je vais mettre cinq AESH sous prétexte que je dois accessibiliser les savoirs ?
On a un grand souci avec cette croissance extrêmement importante des AESH.
Je ne dis pas qu'il faut remplacer les AESH par le numérique, mais on a du mal à recruter les personnels, on a encore plus de mal à recruter des AESH.
Peut-être que former les AESH existants aux outils numériques permettrait d'apporter une réponse peut-être un peu plus satisfaisante.
Ça ne veut pas dire qu'il faut confier les élèves aux AESH.
Ça reste bien sûr sous le contrôle des enseignants, notamment au niveau des pratiques pédagogiques.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Il y a une question intéressante qui nous permet de rebondir là-dessus.
Plutôt que d'imaginer que des AESH soient là pour "s'occuper" des élèves ou servir d'étayage individuel, quelqu'un pose la question suivante.
"Plutôt que de mettre plusieurs AESH par classe, dédiés chacune ou chacun à un élève, ne faudrait-il pas plutôt un aide enseignant qui pourrait agir sur l'accessibilité globale ?"
Là, on se projette sur quelque chose qui sort du cadre actuel, mais est-ce qu'on ne devrait pas penser, est-ce qu'on n'a pas une opportunité de penser à quelque chose qui sorte, un peu comme on s'autorise des dotations en dehors du cadre MDPH, est-ce qu'on pourrait imaginer des cadres d'auxiliaires dédiés globalement à l'amélioration de l'accessibilité pour la classe ?
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-C'est une des pistes qui ont été proposées dans un rapport très récent sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.
À ma connaissance, ce n'est pas encore arbitré, mais je pense qu'il y a des pistes.
Je pense qu'il y a une piste, aussi, dans le matériel pédagogique adapté.
C'était une des conséquences de la loi de 2005.
Le dispositif, on le sait tous, répond à un certain nombre de besoins, mais de façon très insuffisante.
D'ailleurs, les crédits qui sont alloués ne sont pas entièrement consommés.
Ensuite, sur le taux d'utilisation du matériel en classe, il est relativement faible, mais on a des enseignants qui tous les jours nous disent : "Je n'ai pas un sou pour acheter du matériel."
On voit que quelque part, les besoins ne rencontrent pas l'offre, et on voit qu'il faut vraiment assouplir, peut-être descendre plus au niveau de l'utilisateur final ce dispositif qui, pour l'instant, reste très compliqué.
Il y a une demande, la MDPH au milieu, une réponse par rapport à l'école, une mise à disposition, et tout ça, ça prend beaucoup de temps.
Un accompagnement qu'on juge nous-mêmes très insuffisant pour plein de raisons, et ça, si on arrive à travailler et à réussir sur ces aspects-là, on aura du matériel beaucoup plus utilisé.
Peut-être aussi, vous l'avez constaté dans vos classes, on a des élèves pas équipés, mais on peut avoir des élèves multi-équipés, parce qu'on a un dispositif national, un appel d'offres, une décision départementale ou régionale qui équipe tous les élèves.
Du coup, c'est orthogonal avec notre mise à disposition de matériel pédagogique adapté.
Quelquefois, les parents, quand ils en ont les moyens, fournissent eux aussi ce matériel.
Moi, je vois des élèves qui ont trois ordinateurs.
Ce n'est pas raisonnable par rapport à l'utilisation des fonds publics, et là, il y a sûrement quelque chose, même certainement, qu'il faut optimiser.
On en est bien conscients, et ça, ça va bien sûr de conserve avec la formation des enseignants et les situations aux examens, évidemment.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Nous avons des questions qui tournent autour de cet équipement.
Comment on fait pour essayer du matériel avant de l'acheter ?
Comment on fait pour trouver de la formation ?
J'ai envie de prêcher pour ma paroisse et de sortir un peu de mon rôle d'animateur.
Réseau Canopé est un acteur de premier plan et de la formation par et pour le numérique auprès des personnels de l'Éducation nationale, mais pas uniquement.
Également, depuis peu, une initiative se fait jour dans les ateliers en région, c'est le LaB'Inclusif.
Vous pouvez venir, enseignants, essayer des matériels qui sont en libre accès, les emmener.
Ça peut être du matériel d'assise, ça peut être des outils pour faciliter la lecture, ça peut être des chuchoteurs.
Il y a des tas de matériels, ça peut être logiciel aussi.
Vous pouvez les essayer, les emprunter et les essayer directement en classe pour ensuite voir ce qu'il en est.
Autant ça, nous, Réseau Canopé, on est compétents là-dessus, autant il y a quelque chose, et ça amène une question qu'on a, qu'on ne peut pas faire.
"Avez-vous des noms d'associations à nous communiquer pour les adaptations ?"
On peut prêter du matériel, mais on ne pourra pas retaper les manuscrits, les agrandir, les mettre en page.
Est-ce que, Cédric, vous avez connaissance de partenaires qui font ça ?
On parlait de Platon.
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Dispositif Platon, oui.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Du coup, vous avez une liste des organismes adaptateurs.
En général, les acteurs de terrain sont bien connus.
Il y a des fédérations d'acteurs.
Ça dépend du type de trouble.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Ça dépend du type d'adaptation.
Il y a des adaptations qui sont plus ou moins faciles et coûteuses.
Tout à l'heure, je parlais de la langue des signes.
Il est impensable, par exemple, de traduire ou de faire appel à un prestataire extérieur pour traduire tout ce qui devrait être traduit pour un élève sourd, parce que le nombre d'interprètes ou de traducteurs est insuffisant, parce que le coût est élevé.
Pourtant, ça répond aux besoins.
Donc, derrière, c'est plutôt former des enseignants en langue des signes.
Par rapport au prêt de matériel, il y a l'Orna, l'Observatoire des ressources numériques adaptées.
On peut prêter du matériel et accompagner en termes de recherche-action du matériel pour voir les usages.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Donc, on a des interlocuteurs vers lesquels se tourner.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Et puis, par exemple, il y a aussi des plateformes avec des ressources existantes en braille...
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Actuellement, on est sur le développement d'un portail sur l'édition adaptée accessible qui devrait répondre à la problématique que vous évoquiez il y a un instant, c'est-à-dire cette difficulté des acteurs à trouver, finalement...
J'ai un manuel scolaire de tel niveau en mathématiques et j'ai besoin de trouver un acteur.
Actuellement, c'est vrai que l'enseignant est démuni, le chef d'établissement ne sait pas trop.
On le renvoie sur Platon, mais ce n'est pas suffisamment clair, et peut-être que ça a déjà été adapté.
Peut-être qu'un élève de Lille possède ce manuel en braille, par exemple, alors qu'un élève de Marseille demande le même manuel.
Cette nouvelle plateforme qui est en cours de construction...
Ce n'est pas que l'Éducation nationale, c'est en interministériel, et le chef de file est le ministère de la Culture.
C'est un portail, en fait, pour l'édition adaptée et accessible, et on verra déjà dans les réponses, peut-être, qu'il existe des solutions disponibles sur l'étagère.
Je pense à des solutions commerciales.
On parlait de l'audio.
On trouve des livres audio de bonne qualité.
Il ne s'agit pas non plus de refaire, de réadapter des choses qui existeraient déjà.
Mais il faut savoir que ça existe et où le trouver.
Actuellement, on ne se le cache pas, c'est une vraie difficulté pour l'enseignant et les parents de l'élève.
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Dans le cadre de l'Orna, on va essayer de réfléchir à comment mettre en relation des besoins et d'autres pédagogues ou d'autres personnes en relation et qui sont capables de répondre à ces besoins.
On se rend compte que personne ne maîtrise tous les savoirs.
Personne n'est en capacité d'adapter, c'est ce que je disais, un texte en braille, de le traduire en langue des signes, etc.
Enfin, il y en a quelques-uns, mais ils sont extrêmement rares.
Et donc, penser une mise en relation, justement, des différentes ressources, et j'entends ressources humaines, entre elles, c'est un enjeu.
Après, la question qu'il y a derrière, c'est comment on définit le degré d'expertise, qui est expert.
Il y a les experts académiques, on sort les diplômes, et puis il faut penser aussi aux parents, à l'expertise des parents, l'expertise des personnes qui font l'école à la maison, les parents ou autres, les AESH, etc., et comment on valorise, en fait, cette connaissance pour la mettre au service de tous.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-On a une dernière question avant de clôturer ce webinaire.
Quelqu'un nous demande : "Existe-t-il un parcours ou une évaluation Pix spécifique pour les EBEP, les élèves à besoins éducatifs particuliers ?"
Patrice Renaud, chargé de mission "Numérique et inclusion", Direction du numérique pour l'éducation.
-Non.
On a été très vigilants, quand on a fait le cadre de référence pour les compétences numériques, par rapport à l'école inclusive.
Pour plusieurs raisons : déjà, les élèves en situation de handicap utilisent en général beaucoup le numérique.
C'était une opportunité extrêmement intéressante via Pix de valoriser ces compétences des élèves en question, de dire : "Il sait faire ça, il sait faire ça", ce que les pairs de la classe ne font peut-être pas.
Du coup, on avait ce premier aspect.
Le deuxième aspect, c'était l'accessibilité de l'outil Pix.
On a été très vigilants.
Il y a eu beaucoup de discussions avec le GIP, et ça continue pour que les épreuves telles quelles soient accessibles à tous.
C'est compliqué.
C'est ce que vous évoquiez sur l'accessibilité des documents.
Là, c'est des épreuves numériques, quelquefois, elles sont en temps limité.
Peut-être qu'on va enlever ce temps limité pour certains élèves et pas d'autres.
Ça reste quelque chose d'assez compliqué.
Le troisième niveau, c'était de sensibiliser les pairs.
Puisque tout le monde, enfin, énormément de gens, puisque tous les enseignants, maintenant, vont pouvoir utiliser Pix, les élèves le font déjà et sont très nombreux à l'utiliser.
L'idée, c'était de mettre des items dans Pix pour dire qu'il y avait des gens, des élèves différents qui pouvaient être en situation de handicap, avoir des besoins différents, et quelque part dire : "Tu dois concevoir un document.
Tu dois l'envoyer à un copain qui est aveugle ou sourd.
Comment tu fais sur le plan numérique ?"
Voilà, on a travaillé ces trois niveaux-là.
Après, est-ce qu'il faut vraiment faire un parcours spécifique ?
Ça risque d'être discriminant.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-D'accord, on note que ça n'existe pas et que ce n'est pas non plus nécessairement souhaitable.
On arrive au terme de notre webinaire.
Est-ce que Cédric, Célia, vous avez un mot pour conclure ?
Cédric Moreau, maître de conférences en sciences de l'éducation, INSHEA.
-Quand les enseignants sont sollicités pour participer à des recherches, qu'ils n'hésitent pas à participer, même si c'est du temps supplémentaire.
Parce que sinon, le résultat risque d'être un résultat ex nihilo sans répondre à leurs besoins.
Donc, s'il faut qu'il y ait un outil qui réponde aux besoins, il faut qu'on soit en capacité de les identifier clairement, et donc il faut une participation de tous.
Benjamin Thily, médiateur numérique, Atelier Canopé de Caen.
-Nous sommes arrivés au terme de ce webinaire consacré à l'accessibilité des apprentissages par le recours au numérique.
Merci à nos trois intervenants d'avoir partagé leur expérience et leur expertise.
Merci aux équipes de Réseau Canopé pour leur organisation et pour l'accueil.
Merci à vous, également, qui nous avez suivis ce soir.
À bientôt pour de nouvelles formations autour du numérique.
Crédits
- Direction de publication : Marie-Caroline Missir
- Production : Réseau Canopé
- Partenariat : Pix
- Licence : CC BY-NC-ND 4.0
Ressource produite avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse
